Haute-Garonne: Des mineurs isolés attaquent le département, estimant leur prise en charge insuffisante

SOCIETE Les avocates de 75 mineurs isolés étrangers ont décidé de saisir le juge des tutelles pour dénoncer leur niveau de prise en charge par le département de Haute-Garonne…

B.C. avec AFP

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Batiment du Conseil General de Haute Garonne. a Toulouse.
Batiment du Conseil General de Haute Garonne. a Toulouse. — Alexandre GELEBART/REA

Sans scolarisation, sans formation professionnelle, ni titre de transport. Depuis plusieurs mois, des mineurs isolés étrangers sont hébergés dans des hôtels de la Haute-Garonne, faute d’avoir des places disponibles dans les centres d’hébergement.

Une question qui suscite régulièrement la mobilisation des travailleurs sociaux. Cette fois, ce sont les jeunes mineurs isolés qui ont saisi des avocats. Soixante-quinze d’entre eux contestent devant la justice leur prise en charge par l’Aide sociale à l’enfance, gérée par le département.

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Leurs avocates ont ainsi saisi vendredi le juge des tutelles des mineurs du tribunal de grande instance, arguant que ces adolescents ne bénéficiaient pas de suivi socio-éducatif. « Ces pratiques relèvent plus de la gestion de flux migratoires que d’une prise en charge sociale de mineurs isolés », font valoir leurs défenseurs.

Un plan de création de 450 places

Des accusations dont se défend le conseil départemental. Ce dernier précise que les adolescents suivent des cours de français, ont des vêtements fournis et une prise en charge de leur restauration.

Il précise aussi avoir « engagé en avril 2016 un plan ambitieux de création de 450 places pour accueillir et accompagner les jeunes mineurs isolés, et ainsi mettre un terme à l’hébergement en hôtel insatisfaisant à de nombreux égards ». Le fait de ne pas avoir d’adresse par exemple, empêche la scolarisation des mineurs.

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Grâce à des partenariats avec d’autres départements, et la création d’une cinquantaine de places depuis avril, « une centaine de mineurs isolés parmi les 200 hébergés à l’hôtel a pu trouver une solution d’accueil satisfaisante », indique le conseil départemental, précisant que « l’objectif est de pouvoir mettre fin aux hébergements pérennes en hôtel d’ici le printemps prochain ».