Des Toulousains prouvent que le virus Zika est présent dans le sperme plus de 4 mois après l’infection

SCIENCE Des chercheurs toulousains viennent de démonter que le virus Zika était présent dans le sperme plus de 4 mois après les premiers symptômes…

Beatrice Colin

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Le virus Zika est arrivé dans le Bas-Rhin, où 11 cas  de contamination ont été signalés. (Illustration)
Le virus Zika est arrivé dans le Bas-Rhin, où 11 cas de contamination ont été signalés. (Illustration) — Jim Damaske/AP/SIPA

Il est responsable de graves malformations du fœtus chez la femme enceinte, et depuis son apparition en mai 2015 au Brésil, les autorités sanitaires ont assisté à une recrudescence de cas de microcéphalies chez les nouveau-nés.

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Pour en savoir plus sur le virus Zika, dont la transmission est très majoritairement due à des moustiques, plusieurs chercheurs toulousains de l’Inserm, du CNRS, du CHU de Toulouse et de l’Université Paul-Sabatier ont planché sur un sujet atteint par cette maladie.

130 jours après toujours présent

Selon leurs travaux, publiés dans la revue The Lancet Infectious Diseases, le virus Zika persiste dans le sperme plus de quatre mois après l’infection.

Ils ont étudié le cas d’un homme de 32 ans de retour de Guyane française présentant les symptômes d’une infection par le virus, qu’ils ont détecté dans le plasma et l’urine du patient deux jours après le début des signes.

Au cours d’une période de 141 jours, ils ont réalisé des prélèvements réguliers de sperme, d’urine et de sang. Et ont pu constater que le virus Zika était présent dans les échantillons de sperme plus de 130 jours après les premiers symptômes sans que le patient ait le moindre problème physique.

Présent dans le spermatozoïde

Ce qui a été confirmé lors d’analyses chez deux autres patients. Lors d’un examen au microscope, les chercheurs se sont rendu compte de « la présence du virus Zika à l’intérieur d’environ 3,5 % des spermatozoïdes du patient », explique Guillaume Martin-Blondel, chercheur à l’Inserm au Centre de physiopathologie Toulouse Purpan.

A la différence du VIH, le virus n’est donc pas « collé » à la surface du spermatozoïde, mais bien dans le spermatozoïde, d’où leur capacité à transmettre l’infection et l’importance de faire de la prévention lors des rapports sexuels.

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« Ces observations soulèvent par ailleurs de nombreuses interrogations sur la nécessité d’inclure la recherche de virus Zika lors du contrôle des dons de spermatozoïdes dans les centres de fertilité », conclut l’Inserm dans un communiqué sur cette découverte.