Une start-up toulousaine broie et recycle la corne de vache en manches de couteau et bijoux

INNOVATION Une entreprise a inventé un procédé permettant de broyer les cornes de vache, pour ensuite mettre en forme la poudre afin d’en faire des bijoux, manches de couteau ou branches de lunettes…

Béatrice Colin

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La start-up toulousaine Authentic Material collecte, broie et façonne les cornes de vache pour en faire des manches de couteau, bijoux, etc.
La start-up toulousaine Authentic Material collecte, broie et façonne les cornes de vache pour en faire des manches de couteau, bijoux, etc. — Authentic Material

La plupart du temps, elles finissent incinérées avec les carcasses des animaux. Mais grâce à Authentic Material, les cornes de vache et zébus mises au rebut vont désormais avoir une seconde vie.

Créée en avril, la start-up toulousaine s’est spécialisée dans leur recyclage, transformant cette matière organique en produit haut de gamme, que ce soit des manches de couteau, des branches de lunettes ou encore des bijoux.

Produit 100 % local, technologie exportable

« Les cornes que nous collectons auprès des abattoirs, équarrisseurs et engraisseurs sont broyées, puis mises en forme grâce à la technique du pressage à chaud, une méthode dérivée de la métallurgie des poudres », explique son fondateur, Vincent Menny ingénieur de formation qui a installé ses locaux au sein du Centre d’élaboration de matériaux et d’études structurales du CNRS.

Et c’est bien là la nouveauté. Jusqu’à présent les artisans et industriels utilisaient de la matière brute. Authentic Material leur fournit des matériaux prêts à monter et industrialisables.

Au-delà de l’aspect environnemental, cette technologie a l’avantage de structurer la filière d’approvisionnement en France. A l’heure actuelle, les cornes proviennent majoritairement d’Inde ou de Madagascar. Et les artisans et industriels qui l’utilisent ne prélèvent que 10 à 15 % de matière brute. « Nous nous sommes focalisés sur les 85 % qui partent à la poubelle et que nous réduisons en poudre », explique Vincent Menny.

Plusieurs débouchés possibles

Après avoir fait le tour des abattoirs et équarrisseurs, il sait que le gisement français est évalué à 20 tonnes par trimestre. Une fois récupérées, reste ensuite à laver ces cornes, les broyer et les façonner. Aujourd’hui, le job de la start-up consiste à trouver des débouchés. Après avoir enregistré une commande de 600 manches de couteau auprès de la Forge de Laguiole, elle a des pistes auprès de bijoutiers, mais pas seulement.

L’idée germe chez les trois membres de la start-up d’explorer le secteur de la marqueterie par exemple ou encore d’exporter leur technologie hors des frontières de l’Hexagone. Et de l’appliquer à d’autres matières organiques, comme la nacre par exemple.