Jeux paralympiques: «Rentre-dedans», prison et ballon de volley... Gros plan sur le rugby fauteuil

RIO 2016 L’équipe de France de rugby fauteuil, avec quatre Toulousains dans ses rangs, s’apprête à disputer ses deuxièmes Jeux paralympiques… Premier match ce mercredi face aux Etats-Unis...

Nicolas Stival

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L'Américain Andy Cohn (à gauche) à la lutte avec le Français Ryadh Sallem lors du tournoi de rugby fauteuil des Jeux paralympiques de Londres, le 7 septembre 2012.
L'Américain Andy Cohn (à gauche) à la lutte avec le Français Ryadh Sallem lors du tournoi de rugby fauteuil des Jeux paralympiques de Londres, le 7 septembre 2012. — A. Grant / AP / Sipa

Né au Canada en 1977, le quad rugby, ou rugby fauteuil en VF, est arrivé en France en 2003, à l’initiative du Stade Toulousain Rugby Handisport. Triple champion de France en titre, finaliste de l’Europa Cup, le STRH a dépêché quatre joueurs aux Jeux paralympiques qui s’ouvrent ce jeudi à Rio : Pablo Neuman, Jonathan Hivernat, Christophe Salegui et Rodolphe Jarlan. Soit 40 % de l’équipe de France, qui débutera la compétition le 14 septembre face aux Etats-Unis.

Du rugby, mais pas que…

Le quad rugby (à ne pas confondre avec le rugby à XIII fauteuil) se joue à quatre contre quatre, sur un terrain de basket et avec un ballon de volley. Un match comprend quatre quart-temps de huit minutes. « Il y a un esprit rugby, souligne Florent Comptour, chargé de développement au STRH. C’est la seule discipline en fauteuil où l’on se rentre dedans. Pour inscrire un point, il faut franchir une ligne matérialisée par deux cônes avec le ballon sur les genoux. »

L’équipe avec le ballon ne dispose que 12 secondes pour franchir la ligne médiane, et de 40 secondes pour marquer. « Et, comme au hockey, il y a un système de prison, où le joueur passe une minute s’il percute le fauteuil d’un adversaire par-derrière, et non devant ou sur le côté. » Basket, volley, hockey… Le quad rugby, c’est donc plus que du rugby.

Un système de points selon le handicap

« Le quad rugby s’adresse aux tétraplégiques et assimilés, indique Florent Comptour. Pour être éligible, il faut être atteint aux membres supérieurs et inférieurs. » Avant chaque compétition, chaque joueur passe devant une commission de classification constituée par la Fédération internationale (IWRF), pour se voir attribuer un certain nombre de points. « Ce sont des tests qui durent de 20 à 25 minutes. Les plus handicapés ont 0,5 point. Les gros points (3 et 3,5) vont porter le ballon. Les petits points vont avoir un rôle plus défensif et auront d’ailleurs un fauteuil adapté, avec une grille à l’avant pour bloquer les attaquants adverses. »

Le total des quatre joueurs alignés sur le terrain ne peut pas excéder huit points, d’où le recours à des combinaisons complexes pour constituer une équipe. En 2012 à Londres, le Toulousain Jonathan Hivernat, victime d’une forme rare de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, avait été accusé de tricher sur son handicap et disqualifié. Le jeune homme de 25 ans a pris sa revanche et sera bien présent à Rio. Avec un classement de 3 et le brassard de capitaine.

La France en position d’outsider

En démonstration à Atlanta en 1996, le rugby fauteuil a intégré le programme paralympique en 2000 à Sydney. La France a attendu encore douze ans pour participer à ses premiers Jeux, à Londres. Elle avait terminé huitième et dernière d’un tournoi remporté par l’Australie devant le Canada. Quatre ans plus tard, les Bleus ont arraché leur billet pour Rio en s’extirpant d’un tournoi de qualification compliqué, au cours duquel ils ont battu des pointures comme la Nouvelle-Zélande et le Danemark.

Insuffisant pour s’afficher en cadors au Brésil. « Les favoris sont le Canada, les Etats-Unis, l’Australie ou encore la Grande-Bretagne, relève Florent Comptour. Ce serait bien pour nous de dominer la Suède. » L’équipe scandinave sera le troisième adversaire de la France en phase de poule, le 16 septembre, après les Etats-Unis et le Japon (15 septembre).