Toulouse: Etre diplômé en manga, c'est possible

CULTURE Genre à part, le manga a désormais sa propre école à Toulouse où des maîtres vont initier des apprentis…

Thanina Abdoun
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A l'école internationale de manga de Toulouse qui a ouvert ses portes à la rentrée 2016.
A l'école internationale de manga de Toulouse qui a ouvert ses portes à la rentrée 2016. — Thanina Abdoul

Fini la biologie et le campus de Rangueil pour Matthias. Sa rentrée, ce Toulousain de 20 ans vient de la faire dans un immeuble de bureau tout près du jardin japonais de Compans. Pas pour se rapprocher d’un « spot » Pokémon GO mais pour intégrer la toute première école de manga de la Ville rose.

Ce mordu a découvert sa future vocation en lisant Dragon Ball. Comme il est daltonien, les dessins en noir et blanc ne le gênaient pas « contrairement aux couleurs agressives des BD ».

Plus d’une décennie plus tard, à l’heure où une BD sur deux vendues en France est un manga, il fait partie avec trente autres élèves de la première promotion de L’Ecole internationale du manga et de l’animation (EIMA).

Des scénarios soignés

Elle accueille les plus de 16 ans et les choisit sur « leurs capacités en dessin mais essentiellement en scénarisation, leur culture du manga, et surtout sur les messages qu’ils veulent faire passer à travers leur travail », insiste Claire Pélier, la directrice de l’établissement. Elle n’a retenu que la moitié des candidats, dont 10 % d’étrangers, dont elle veut « faire des pros grâce à des pros ».

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A l'école internationale de manga de Toulouse qui a ouvert ses portes à la rentrée 2016.

Elle n’a pas non plus lésiné sur le recrutement des professeurs. Bon nombre d’entre eux sont connus dans le monde du manga et réussissent à en vivre » à l’image de Nakashima Chiharu. Cette ancienne professeure de l’université de Kobé et mangaka éditée au Japon, rêvait de faire partager le manga en Europe. « Le manga en France a les mêmes bases mais pas les mêmes expressions que le manga japonais, souligne-t-elle. Ici on privilégie plus l’histoire du personnage que ses sentiments. »

D’autres intervenants sont aussi attendus pour des master class, comme Tony Valente en novembre, toulousain et premier mangaka [auteur] français à être publié au Japon.

Une ouverture sur le film d’animation

De ces « maîtres du genre », Matthias attend qu’ils lui donnent les clés pour devenir à son tour professeur de manga, pouvoir transmettre et donner leurs chances aux plus jeunes contrairement au milieu de la BD qu’il trouve « trop élitiste ».
A terme, l’EIMA veut « s’ouvrir dans quelques années à l’animation qui est en plein essor ».

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Pour l’heure l’école, qui sanctionne d’une attestation de formation à la fin du cursus de trois ans (à 6.000 euros l’année tout de même, avec des possibilités d’aides), n’a pas la reconnaissance d’un diplôme par l’Etat. Mais ce n’est pas un problème. « Le milieu du manga ne porte pas d’intérêt aux diplômes mais au travail et aux compétences du mangaka », assure Claire Pélier.