Manuel Valls, principale tête de Turc du contre-meeting de Colomiers

POLITIQUE Entre 300 et 500 personnes se sont rassemblées lundi à Colomiers, en banlieue toulousaine, pour protester contre la rentrée politique commune du PS et des « Hollandais » du gouvernement. Et surtout contre le Premier ministre…

Nicolas Stival

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Le contre-meeting pour protester contre la réunion de rentrée du PS et du gouvernement, a réuni entre 300 et 500 personnes, le 29 août 2016 à Colomiers, en Haute-Garonne.
Le contre-meeting pour protester contre la réunion de rentrée du PS et du gouvernement, a réuni entre 300 et 500 personnes, le 29 août 2016 à Colomiers, en Haute-Garonne. — N. Stival / 20 Minutes

Ce lundi en fin d’après-midi à Colomiers, il n’y a pas que 400 mètres et plusieurs cordons de CRS qui séparent le PS « officiel » du contre-meeting politique et syndical. Entre 300 et 400 personnes (selon la police), 500 (d’après les organisateurs) se sont réunies devant la mairie de ce bastion socialiste de la banlieue toulousaine. Avec une bête noire en commun : Manuel Valls, encore plus vilipendé que François Hollande ou Emmanuel Macron et Myriam El Khomri, les ministres de l’Economie et du Travail.

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« S’il se sentait droit dans ses bottes et n’avait pas peur des comptes à rendre, il serait là, avec nous », tonne Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT 31, au sujet du Premier ministre. Et non pas dans le Hall Comminges, tout proche mais bunkerisé.

Des banderoles de la FSU, de Solidaires, de la CNT, du NPA, du PCF, d’organisations étudiantes et de bien d’autres mouvements de gauche flottent aussi dans le ciel columérin. Des opposants à la construction du centre commercial Val Tolosa avaient devancé l’appel un peu plus tôt, comme un collectif de harkis.

Lors de la prise de parole de Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT 31.
Lors de la prise de parole de Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT 31. - N. Stival / 20 Minutes

Non aux sujets identitaires, oui au social

Les manifestants sont toujours remontés contre la loi Travail, publiée le 9 août au Journal officiel, « en catimini, au cœur de l’été », peste Véronique Sajus, secrétaire départementale Sud collectivités territoriales en Haute-Garonne. « Je pense qu’aux prochaines élections, beaucoup de monde arrêtera de voter utile comme cela avait pu être le cas en 2012, contre Sarkozy. » Et n’allez pas lui parler burkini. « Comme d’habitude, c’est de la poudre aux yeux, destinée à monter les uns contre les autres pour éviter d’aborder les vrais problèmes », lance-t-elle.​

​Outre le retrait de la loi El Khomri, les centaines de personnes rassemblées demandent entre autres la semaine de 32 heures, le Smic à 2.000 euros ou la fin de la répression syndicale. Et, pour beaucoup, ils réclament aussi la démission de Manuel Valls, « une honte pour la démocratie », selon un étudiant de l’Unef qui s’exprime sur le parvis de la mairie.

Rendez-vous le 15 septembre dans les rues de France

L’ambiance reste toutefois relativement paisible, même lorsque les manifestants se rapprochent des CRS qui les isolent du reste de la ville. Les forces de l’ordre expédient une grenade lacrymogène, mais le calme revient aussitôt. Rien ne dit qu’il en sera ainsi partout en France le 15 septembre, lors de la future journée d’action syndicale contre la loi Travail.