Toulouse: Trois choses à savoir sur le financement de la 3e ligne de métro

TRANSPORTS Pour financer les 28 kilomètres de ligne entre Labège et Colomiers, 2.128 milliards d’euros seront nécessaires. Tisséo-SMTC compte financer sa part par l’emprunt…

Béatrice Colin
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Illustration ligne de metro aerien a Toulouse.
Illustration ligne de metro aerien a Toulouse. — Alexandre GELEBART/20MINUTES

On y voit un peu plus clair sur le coût de la troisième ligne de métro qui devrait relier d’ici 2024, Labège à Colomiers, via la gare Matabiau.

Pour financer ces 28 kilomètres de lignes nouvelles qui transporteront chaque jour au moins 200.000 personnes, il va falloir jouer serré côté finances car le coût global avoisine les 2 milliards d’euros à l’heure où les collectivités n’arrêtent pas d’expliquer que les temps sont durs.

Et ce n’est pas le seul projet puisque Tisséo-SMTC, l’autorité organisatrice des transports, prévoit de mettre 1.513 milliard d’euros sur la table d’ici 2030 pour le doublement de la ligne A du métro ou encore le téléphérique Sud.

De 1.720 milliard à 2.128 milliards d’euros selon le tracé

La troisième ligne de métro, appelée pour l’instant Toulouse Aérospace Express, est tronçonnée en trois portions. Une section centrale entre Airbus Colomiers et Airbus Défense-Space au Palays dont le coût est estimé à 1.720 milliard d’euros.

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Les deux autres tronçons couvrent la partie entre Airbus Colomiers et la gare de Colomiers pour 141 millions d’euros et la section entre Airbus Défense & Space et la gare de Labège-Cadène pour 267 millions d’euros.

Le tracé de la troisième ligne de métro de Toulouse
Le tracé de la troisième ligne de métro de Toulouse - SMTC Tisseo

Le prolongement de la ligne B et la desserte de l’aéroport à part

Ces programmes d’investissement ne couvrent pas le prolongement de la ligne B en métro qui va faire l’objet d’une étude et dont le coût est pour l’heure évalué à 180 millions d’euros.

Le président de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc (LR) a indiqué qu’il donnait son feu vert politique à ce projet mais que le financement serait pris en charge par l’Etat, le Département, la Région, l’Etat et le Sicoval.

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Quant à la desserte de l’aéroport en métro, son financement est estimé à 110 millions d’euos. Et la façon de le financer est encore à l’étude mais les nouveaux actionnaires de l’aéroport se sont d’ores et déjà dits prêts à investir si cela était juridiquement possible.

Comment va être financée la 3e ligne de métro

Pas de recette miracle ni de mécènes sortis du chapeau. La 3e ligne de métro sera financée par l’emprunt, contracté certainement sur 25 ans. Et pour payer les échéances, les collectivités membres du SMTC-Tisséo vont devoir augmenter les contributions qu’elles versent chaque année.

Ainsi, Toulouse Métropole, qui abondait au budget du SMTC à hauteur de 100 millions d’euros par an, va progressivement faire grimper ce montant pour atteindre les 165 à 180 millions d’euros par an nécessaires.

Pas question d’augmenter les impôts pour y parvenir, cela a déjà été fait. Pour arriver à dégager 65 à 80 millions d’euros en plus, la majorité de Jean-Luc Moudenc compte sur les recettes fiscales supplémentaires qui grimpent chaque année de 2 % grâce à l’essor démographique de l’agglomération. Près de 40 % de celles-ci seront fléchées pour les transports en commun et en particulier la troisième ligne de métro.

Reste que le choix de l’emprunt va augmenter le poids de la dette de Tisséo-SMTC pour porter son encours de 1,37 milliard d’euros aujourd’hui à 2,5 milliards d’euros en 2024.