Toulouse: Coup dur pour Airbus qui réduit la voilure de l'A380

ECONOMIE L’avionneur Airbus va réduire la cadence de production de son géant des airs, l’A380. Un coup dur pour un avion star…

H.M. avec AFP
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Un A380 sur le tarmac du centre de livraison de Blagnac. Archives
Un A380 sur le tarmac du centre de livraison de Blagnac. Archives — Frederic Scheiber/20 Minutes

Airbus fait dans les up and down. Mardi, après une journée faste marquée par plus de 200 commandes au Salon aéronautique de Farnborough, en Angleterre, l’avionneur a officialisé LA mauvaise nouvelle du moment : la baisse du rythme de production de l' A380, son géant des airs assemblé à Toulouse.

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A compter de 2018, il n’y aura plus qu’un super-jumbo par mois qui sortira des chaînes de l’usine Jean-Luc Lagardère contre 27 en 2015 par exemple. L’objectif est d’être « en ligne avec les prises de commandes », plaide le constructeur dans un communiqué.

319 exemplaires vendus en tout, 193 livrés

Car si le plus gros avion du monde est le chouchou incontesté des passagers qui l’emprunte, son succès commercial reste mitigé. 319 appareils ont été commandés au total depuis la mise en service de l’A380 en 2007 alors qu’Airbus tablait sur 1.200 commandes au cours des vingt premières années. Il y a eu en tout 193 exemplaires livrés, dont 81 à la compagnie Emirates, de loin le plus gros client du programme.

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Le ralentissement de la production doit permettre à l’avionneur de trancher entre une nouvelle motorisation ou l’arrêt du programme qui vient à peine d’atteindre l’équilibre.

Fabrice Brégier, le patron d’Airbus, se veut rassurant. « Par cette étape prudente et d’anticipation, nous fixons un nouvel objectif pour notre planning industriel et la demande commerciale actuelle, tout en gardant toutes les options ouvertes pour bénéficiers de marchés futurs pour l’A380, dans le contexte d’un marché de l’aviation croissant et de capacités aéroportuaires restreintes », explique-t-il.

Mais d’autres sont beaucoup plus pessimistes. « Le programme ne s’en remettra. la cadence (de production) est sérieusement non rentable, en conséquence, il disparaîtra dans quelques années », prédit Richard Aboulafia, un expert aéronautique (certes américain) de Teal Group, cité par Bloomberg.