Affaire Merah: Albert Chennouf, le père d'une victime, veut connaître toute la vérité

TERRORISME Après la condamnation de l'Etat par le tribunal de Nîmes pour l'un des meurtres de Mohamed Merah, l'avocat d'Albert Chennouf est déterminé à faire éclater la vérité...

Julie Rimbert

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Le 22 mars 2012, l'hommage à Abel Chennouf à Montauban.
Le 22 mars 2012, l'hommage à Abel Chennouf à Montauban. — Brinon

Mardi, le tribunal administratif de Nîmes a condamné l’Etat pour le meurtre du soldat Abel Chennouf, tué par Mohamed Merah à Montauban le 15 mars 2012 en compagnie d’un autre parachutiste. Un premier pas pour Frédéric Picard, l’un des deux avocats d’Albert Chennouf, le père de la victime, qui se bat depuis quatre ans pour faire reconnaître la responsabilité de l’Etat dans la défaillance de la surveillance de Mohamed Merah.

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Amateurisme des services de l’Etat

Lors de l’audience le 29 juin devant le tribunal administratif, le rapporteur public avait pointé dans ses conclusions « l’amateurisme des services de l’Etat dans le suivi djihadiste toulousain, en particulier après son retour du Pakistan ». La décision de la juridiction gardoise conforte donc le combat des avocats d’Albert Chennouf qui assurent que l’instruction au pénal sur les assassinats de Mohamed Merah avance.

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« Le tribunal de Nîmes établit que le suivi du Toulousain dans les mois qui ont précédé le drame a accumulé les négligences, souligne Frédéric Picard. Nous avions déposé cette plainte contre l’Etat pour faire éclater cette vérité. Nous sommes satisfaits ».

L’avocat regrette aussi que l’Etat n’ait pas tiré les leçons des attentats terroristes de Toulouse et Montauban. « On sait aujourd’hui qu’il y a aussi eu des défaillances dans le suivi d’Abelhamid Abaaoud, l’organisateur présumé des attentats de Paris, rappelle-t-il. Même si on ne connaît pas les circonstances exactes de son retour en France, on constate que quelqu’un de dangereux peut passer à travers les mailles du filet et tuer. Combien faudra-t-il de morts avant que l’Etat ne réagisse ? ».

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