Toulouse: Des étudiantes veulent sauver la grotte de Lascaux des champignons

SCIENCES Dans le cadre d’un concours mondial de biologie de synthèse, huit étudiantes toulousaines planchent sur un traitement contre les champignons qui s’attaquent aux peintures de Lascaux...

Helene Menal

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A l'intérieur de la grotte de Lascaux.
A l'intérieur de la grotte de Lascaux. — Wojazer pool - Sipa

Pendant que leurs camarades bronzeront en maillot couchés sur le sable, elles vont passer l’été en blouse blanche, penchées sur leur paillasse, à triturer des bactéries l’œil rivé au microscope. Huit étudiantes toulousaines ont sacrifié leurs vacances pour une cause bien plus noble : éradiquer les champignons qui recouvrent de moisissures les peintures de la célèbre grotte de Lascaux en Dordogne.

L'équipe iGem Toulouse 2016 est composée de 8 étudiantes décidées à sauver la grotte de Lascaux.
L'équipe iGem Toulouse 2016 est composée de 8 étudiantes décidées à sauver la grotte de Lascaux. - iGem Toulouse

Cette équipe exclusivement féminine, composée à parts égales d’élèves de l’Insa et de l’ Université Paul-Sabatier, représentera la Ville rose lors de l 'iGem 2016, un concours mondial de biologie de synthèse organisé par le prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) de Boston. Fin octobre, il réunira des centaines de concurrents, et l’originalité y est souvent récompensée.

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Inspirée par leurs prédécesseurs toulousains qui, il y a deux ans, ont eu un franc succès en proposant un « vaccin » biologique pour sauver les platanes du Canal du Midi, l’équipe iGEM 2016 a choisi à dessein un thème assez universel et lié au patrimoine.

Son projet de sauvetage de la « Chapelle Sixtine de la Préhistoire » a été baptisé « Paleotilis ». Alors que pour l’instant les « soigneurs » de Lascaux n’ont d’autre solution que de frotter, il consiste à modifier une bactérie déjà naturellement présente dans la grotte de façon à ce qu’elle libère un « cocktail d’antifongiques ».

Un traitement naturel

Camille, Oumnia, Fanny, Soukaïna et leurs camarades réfléchissent à confiner leur traitement dans un caisson. Elles veulent aussi s’assurer qu’elles préserveront l’écosystème de la grotte et donc que leur bactérie modifiée s’autodétruira sans pouvoir transmettre son ADN à d’autres micro-organismes.

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Si le projet réussit, elles comptent le mettre à disposition en Open Source pour que les chercheurs intéressés puissent s’en emparer et le peaufiner. Et si les trésors de Lascaux n’ont pas de prix, leurs expériences si, tout comme leur voyage à Boston. Un appel au financement participatif a été lancé sur la plateformeUlule.