Haute-Garonne: Quand un incinérateur permet de faire pousser des tonnes de tomates

SOCIETE A Bessières, près de Toulouse, des tonnes de tomates poussent sous serres grâce à la vapeur d’eau créée par l’incinérateur d’ordures ménagères…

Beatrice Colin

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Dans les Serres de Bessières où sont cultivées des tomates grâce à l'énergie issue de l'incinérateur voisin.
Dans les Serres de Bessières où sont cultivées des tomates grâce à l'énergie issue de l'incinérateur voisin. — B. Colin / 20 Minutes

Alors qu’au Mirail, l’incinérateur d’ordures ménagères sert à chauffer les habitants des quartiers environnants, à Bessières, il permet de produire depuis la fin avril des tomates cultivées sous serre.

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Les 92.000 pieds « plantés » hors-sol en février poussent en partie grâce à la récupération de la vapeur issue des fours de l’usine d’incinération voisine, jusque-là rejetée dans les airs. Elle sert à alimenter le chauffage nécessaire à la production intensive de ces tomates, qui se retrouvent quelques semaines plus tard sur les étals des marchés ou dans les grandes surfaces de l’agglomération.

20 % des besoins locaux

Jusqu’à présent, 70 % des tomates consommées dans la région étaient importées d’Espagne, du Maroc ou des pays du Nord de l’Europe.

« Notre volonté est de pouvoir satisfaire une partie de la consommation locale. A terme nous produirons 3.000 tonnes de tomates grappe par an quand le Marché d’intérêt national en écoule 12.000 tonnes. Nous espérons couvrir 20 à 25 % du marché local », indique Gilles Briffaud, le président des Serres de Bessières qui a signé un contrat de 25 ans avec le syndicat de gestion des déchets Décoset et Suez, l’exploitant de l’unité d’incinération.

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Pour l’heure, 7 millions d’euros d’investissement ont été nécessaires à la construction du site. Mais dix millions de plus devraient être mis sur la table au cours des prochaines années pour passer la capacité de culture des serres de 32.000 m2 à 102.000 m2 d’ici 2018.

Les écolos pas chauds

Critiqués par les élus écologistes de la région, plus favorables aux circuits courts qu’à la production industrielle, les responsables des Serres mettent en avant la lutte biologique intégrée.

« Depuis que nous avons planté en février nous n’avons utilisé aucun traitement phytosanitaire, nous avons des prédateurs naturels pour lutter contre les pucerons et ce sont des bourdons qui servent à polliniser », poursuit Gilles Briffaud. Ce dernier espère que chaque m2 produira de 50 à 62 kg de tomates par an, les pieds étant arrachés en novembre.