En France, les ressortissants britanniques restent dans l'incertitude sur les conséquences du Brexit

BREXIT Ils sont 15.000 Britanniques installés dans la région Midi-Pyrénées. «20 Minutes» a interrogés trois d'entre eux, qui s'inquiètent du Brexit mais attendent de voir les mesures prises de l'autre côté de la Manche...

Julie Rimbert

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Alfred Wood, sexagénaire britannique, tient un commerce à Toulouse.
Alfred Wood, sexagénaire britannique, tient un commerce à Toulouse. — J. Rimbert

C’est avec un certain flegme britannique que les ressortissants anglais installés en France interrogés par 20 Minutes ont accueilli les résultats du référendum de leur pays d’origine. Selon l’ Insee, ils sont 15.586 à avoir posé leurs valises en Midi-Pyrénées, dont la majorité des retraités.

Si la sortie annoncée du Royaume-Uni de l’Union Européenne les inquiète un peu, ces trois ressortissants vivants dans l’Hexagone attendent de voir les conséquences concrètes de ce Brexit.

Respecter le choix du peuple

Alfred Wood est le plus anglais des Toulousains. Depuis 45 ans, ce sexagénaire britannique est installé dans la Ville rose, où il tient un commerce de cravates, de tweed et de mugs à l’effigie de la famille royale. Dans sa boutique de la rue d’Alsace-Lorraine, il vend pléthore d’objets ayant un rapport avec le Royaume-Uni. Si Alfred Wood a voté en faveur du maintien dans l’Union Européenne, grâce au vote par correspondance, il comprend tout à fait le choix de ces compatriotes.

« Ce n’est jamais tout noir ou tout blanc, le peuple a décidé, explique-t-il. Maintenant il faut respecter son choix. Les Britanniques ne supportent plus l’Europe des fonctionnaires bureaucrates, son protectionnisme et la forte immigration. Je suis un Européen convaincu mais il faut savoir évoluer ».

Ayant travaillé au Royaume-Uni avant d’épouser une Toulousaine, ce commerçant touche une retraite versée par l’Etat britannique. Malgré la dévaluation de la livre ce vendredi dans les bourses européennes, il reste optimiste : « Pour l’instant, c’est l’incertitude mais dans quelque temps, les choses vont revenir à la normale. J’ai confiance dans notre monnaie car nous l’avons toujours gardée, même face à l’euro ».

Crainte d’une baisse du pouvoir d’achat

A Gourdon, dans le lot, où vivent Helen et Brian Cave depuis 18 ans, le moral n’est pas au beau fixe ce vendredi. Ce couple de Britanniques a fait campagne auprès de ses proches pour le maintien. Depuis plusieurs mois, Brian tient même un blog pour les persuader de rester dans l’Europe

« C’est une catastrophe, nous sommes un peu inquiets, confie Helen. Je ne sais pas encore comment cela se passera pour nous quand nous voudrons aller au Royaume-Uni, s’il faudra un document particulier pour voyager. A 82 ans, il est un peu tard maintenant pour demander la nationalité française ».

Mais c’est surtout le versement de leurs retraites qui donne des sueurs froides au couple. « Avant le Brexit, nous perdions déjà un peu par rapport à l’Euro puisque nos retraites sont versées en livres sterling, détaille-t-elle. Si nous sortons de l’Europe, j’ai peur que nous perdions encore du pouvoir d’achat ».

Le choix de rester en France

Clifford, retraité gallois installé depuis neuf ans dans le village tarn-et-garonnais de Lafrançaise, attends de voir vraiment les conséquences de ce Brexit. Cet ancien mineur de charbon a lui aussi voté pour le maintien dans l’Union Européenne. « Pour l’instant, je n’ai pas l’intention de demander la nationalité française car j’espère que cela ne va pas changer grand-chose pour voyager vers le Royaume-Uni, espère-t-il. Il est possible que je perde un peu d’argent sur ma retraite britannique mais cela ne m’empêchera pas de rester en France. Avant de s’emballer, il faut voir les mesures qui vont être prises pour savoir les conséquences exactes pour nous les expatriés ».

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