Toulouse: Ils testent un «pancréas artificiel» qui devrait transformer la vie des diabétiques

SANTE Deux patients du CHU de Toulouse testent le « pancréas artificiel », un dispositif connecté qui pourrait tout changer dans la vie des diabétiques insulinodépendants…

Helene Menal

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Avec Diabeloop, le smarphone calcule en permanence les doses d'insuline à injecter et transmet les information à la pompe.
Avec Diabeloop, le smarphone calcule en permanence les doses d'insuline à injecter et transmet les information à la pompe. — H. Menal - 20 Minutes

Restaurant japonais lundi soir, gastronomie française mardi et pizzeria mercredi. Pour des patients hospitalisés au CHU de Toulouse, Fabienne Raguin-Gire et Alain Houda bénéficient pour le moins d’un traitement de faveur. Bien mérité. Car, à coups de fourchette, ils font avancer la médecine.

Plus exactement, ils testent le premier « pancréas artificiel » mis au point en France :Diabeloop. « Il s’agit d’évaluer un système automatisé d’apport de l’insuline pour les diabétiques de type 1, dont le pancréas ne fonctionne plus », précise le professeur Hélène Hanaire, diabétologue au CHU.

Le dispositif comprend une pompe à insuline, un capteur de glycémie et un smartphone.
Le dispositif comprend une pompe à insuline, un capteur de glycémie et un smartphone. - Diabeloop

Un smartphone et un algorithme

On s’attend à voir un organe bardé d’électronique mais le pancréas en question fait plutôt gadget high-tech. Il est composé d’un petit capteur de glycémie collé sur le ventre, d’une mini-pompe à insuline scotchée sur le bras, deux appareils que les diabétiques insulinodépendants connaissent bien… et d’un smartphone. Ce dernier contient le fameux algorithme capable de calculer en temps réel et de transmettre à la pompe la quantité d’insuline à injecter.

Grâce à Diabeloop, lundi soir, après ses sushis, Alain s’est couché directement et « l’esprit tranquille » pour la première fois depuis longtemps. Tandis que Fabienne, qui n’est pas connectée, a calculé longuement sa dose d’insuline après son bon repas. Comme elle s’y astreint habituellement « six à dix fois par jour », en imposant cette galère constante à sa famille sans jamais parvenir tout à fait à prévenir des hypo (ou hyper) glycémies soudaines.

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200.000 malades concernés en France

Dans 15 jours, Fabienne et Alain inverseront les rôles. Elle aura le Diabeloop, il perdra son temps à calculer même s’il fait mine de ne plus vouloir se séparer de son smartphone.

En tout, 45 patients vont tester cette innovation dans dix CHU de France. Si le projet aboutit, il pourrait permettre à 200.000 diabétiques, dont 10.000 en Midi-Pyrénées, de lâcher prise. Enfin.