Toulouse : Un vaccin pour sauver les platanes du canal du Midi ?

ENVIRONNEMENT Touchés par une maladie incurable, les platanes du canal du Midi pourraient être sauvés grâce à un « vaccin »…

M.L. avec AFP

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Les platanes du canal du Midi pourraient être sauvés grâce à un vaccin.
Les platanes du canal du Midi pourraient être sauvés grâce à un vaccin. — Fred.Scheiber

Le dernier espoir. Un « vaccin » sera testé, cette année, pour tenter de sauver les milliers de platanes longeant le canal du Midi. Condamnés par une maladie incurable, ces arbres ont fait l’objet d’un strict plan d’abattage qui fait polémique.

Développé par le Centre d’expertise en techniques environnementales et végétales (Cetev), basé non loin de Toulouse, ce nouveau remède est en fait une « solution de pré-traitement », explique à l’AFP Jacques Noisette des Voies navigables de France (VNF), organisme public qui gère le canal.

Un test sur trois ans

Le fongicide sera injecté sur « plusieurs centaines » de platanes « validés sains ou en tout début de maladie », a-t-il précisé. Plusieurs fois annoncé, mais toujours repoussé, le test se déroulera sur trois ans. Le but est d’éliminer le chancre coloré, un champignon très contagieux qui résiste à tout traitement et tue un platane en trois à sept ans. Cette maladie a été amenée dans les caisses de munitions transportées par les Américains après le débarquement de juin 1944.

Importée par le GI’s à la Libération

Ce traitement de la dernière chance relance l’espoir d’une alternative au vaste programme d’abattage de la totalité des platanes, sains ou non, qui est parfois ressenti comme un « massacre ». Sur un total de 42.000 platanes initialement plantés, 14.000 ont été ainsi abattus. Et 4.000 arbres d’espèces immunes ont été replantés.

Le programme de vaccination devrait coûter 200 millions d’euros sur vingt ans, financé à parts égales par les VNF, les collectivités territoriales et le mécénat.

Outre les platanes, le combat pour les abords du canal passe également par le projet en cours de classer les berges au titre de monument historique. La procédure, initiée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dréal), n’a pas abouti, notamment à la suite d’oppositions d’élus locaux qui craignaient de ne plus pouvoir lancer aucun aménagement dans le secteur concerné.