Toulouse: Le transfert dans l'Aube d'un proche de l'islam radical suscite la polémique

SÉCURITÉ INTERIEURE Farouk Ben Abbes, un belge proche de la mouvance radicale assigné à résidence à Toulouse, a été transféré durant l’Euro dans l’Aube, à Brienne-le-Château, au grand dam de son maire…

Beatrice Colin

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Brienne-le-Château, dans l'Aube, où a été transféré Farouk Ben Abbes, assigné à résidence dans le cadre de l'état d'urgence.
Brienne-le-Château, dans l'Aube, où a été transféré Farouk Ben Abbes, assigné à résidence dans le cadre de l'état d'urgence. — Google street view

Brienne-le-Château, petite commune de l’Aube de près de 3.500 âmes est connue pour son musée Napoléon, ses grands lacs et depuis 24 heures pour son assigné à résidence.

Farouk Ben Abbes, connu pour être proche de la mouvance de l’islam radical, a été transféré mercredi de Toulouse vers ce bourg rural où il loge dans un hôtel a révélé L’Est Eclair.

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Condamné le 21 mars dernier à trois mois de prison ferme pour ne pas avoir respecté son assignation à résidence prise dans le cadre de l’état d’urgence, cette connaissance du djihadiste Fabien Clain a été éloigné de la Ville rose durant le temps de l’Euro de football selon Nicolas Dhuicq, le député-maire (LR) de Brienne-le-Château.

Manque de concertation en amont

« J’ai appris il y a 48 heures par un coup de fil du ministère de l’Intérieur que nous allions recevoir un assigné à résidence, sans que l’on me dise de qui il s’agissait, puis 24 heures plus tard, un coup de fil de la gendarmerie. J’ai fait parvenir un courrier à Bernard Cazeneuve lui demandant de revenir sur cette décision », s’indigne l’élu joint par 20 Minutes.

Depuis, ce dernier reçoit des coups de fil inquiets de la population. « Il n’y a eu aucun travail en amont, ils ont considéré que la zone rurale était isolée, mais nous sommes à 2h de Paris, pas loin de l’autoroute. Ce qui m’inquiète c’est le risque d’évasion, il doit pointer trois fois par jour à la gendarmerie, mais en dehors de ces temps-là il peut se balader », peste Nicolas Dhuicq qui attend toujours une réponse de Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur.

Et d’ajouter : « Nous n’avons pas eu non plus de renfort de la gendarmerie alors que notre brigade est déjà très sollicitée. »

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Sollicité par 20 Minutes, le ministère de l’Intérieur indique que « pour des raisons évidentes de confidentialité et de sécurité » il ne fera aucun commentaire sur les assignations à résidence ni sur leurs modalités.