Toulouse: L'Oncopole mise sur l'immunothérapie, plus efficace que la chimiothérapie

SANTE Investi depuis des années dans ce traitement innovant, l'établissement spécialisé dans la lutte contre la cancer structure ses soins et sa recherche autour de ce domaine...

Julie Rimbert
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Illustration du dépistage du cancer.
Illustration du dépistage du cancer. — S. Pouzet / SIPA

« L’immunothérapie, c’est actuellement l’arme la plus puissante contre le cancer. Dans les années à venir, 100 % des patients seront soignés par ce traitement », confie Michel Attal, le directeur de l' Institut universitaire du cancer de Toulouse (IUCT).

En passe de révolutionner la prise en charge des cancers, l' Oncopole a décidé de structurer son programme de soins, de recherche clinique et de recherche fondamentale dans l’immothérapie.

Prise en charge sur les trois sites

Cette méthode consiste à traiter le cancer en utilisant le propre système immunitaire du malade. L'approche a démontré une efficacité contre les cellules tumorales, avec cependant des effets secondaires. Les progrès récents dans la compréhension des mécanismes conduisant les tumeurs à échapper à la vigilance du système immunitaire ont permis la mise au point de médicaments spécifiques, dont les résultats cliniques apparaissent au grand jour.

Pour accélérer le développement de ces traitements prometteurs pour les malades, l’Oncopole réorganise la prise en charge et la surveillance des malades sur le site de l’IUCT Oncopole, de l’IUCT Rangueil-Larrey et l’IUCT Purpan. « Depuis six mois, il y a eu une montée en puissance dans nos services de l’immothérapie : 40 à 50 % des patients, qui bénéficiaient avant de traitement en chimiothérapie, sont aujourd’hui soignés avec ces traitements », souligne Julien Mazières de l’unité d’oncologie cervico-thoracique à l’hôpital Larrey.

Des résultats porteurs d’espoir

A la pointe de la recherche, les médecins de l’Oncopole ont présenté leurs dernières avancées majeures lors du dernier congrès mondial de l’American society of clinical oncology qui se tenait du 3 au 7 juin. Pour les cancers du poumon, l’essai porté par Julien Mazières montre que le bénéfice de l’immunothérapie se poursuit même après son arrêt, témoignant probablement d’une stimulation prolongée du système immunitaire.

« Le traitement est moins toxique que la chimiothérapie et assure une plus longue survie, détaille Julien Mazières. On a aussi associé certaines molécules pour des traitements ciblés de certains patients, et constaté que cela marchait. »

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Pour le traitement des tumeurs solides avancées (cancer des ovaires, du sein, du col de l’utérus…), une étude menée par Carlos Gomez-Roca doit établir la dose maximale tolérée et la dose recommandée pour les patients. Son essai vient d’être sélectionné pour des investigations cliniques plus poussées.

« Nous testons de nouveaux médicaments et la meilleure façon de les administrer, explique le médecin. Nous avons obtenu de bons résultats sur le cancer de l’ovaire, et surtout moins d’effets secondaires pour le patient. »