Une entreprise a trouvé le moyen de produire du plastique biodégradable

TECHNOLOGIES La société Carbios, partenaire de la Toulouse White Biotechnology dont les nouveaux locaux étaient inaugurés ce mardi, un procédé pour rendre le plastique biodégradable…

Béatrice Colin
— 
Au centre de tri sélectif de la mairie de Toulouse, le 22 mai 2008.
Au centre de tri sélectif de la mairie de Toulouse, le 22 mai 2008. — Frederic Scheiber/20 Minutes

Attention, ce sac plastique s’autodétruira après utilisation. C’est peut-être ce que l’on pourra lire d’ici peu sur les emballages distribués dans les grandes surfaces. C’est en tout cas l’idée sur laquelle a planché ces dernières années la société Carbios au sein des locaux de la Toulouse White Biotechnology, gérés par l’Inra et qui ont été inaugurés ce mardi.

Intégrer les enzymes lors de la fabrication

Durant plusieurs années, ces chercheurs ont testé des micro-organismes capables de dégrader les matières plastiques. Et ils ont fini par trouver des enzymes pouvant réaliser cet exploit. Car s’il faut deux secondes pour fabriquer un sac plastique, aujourd’hui il met 200 ans pour se dégrader dans la nature.

Pour éviter de continuer à polluer la planète,à partir du 1er janvier 2017, les emballages plastiques à usage unique toujours en service devront contenir au minimum 30 % de matières biosourcées, c’est-à-dire à base de matière végétale.

>> A lire aussi : Le 1er juillet, le début de la fin des sacs plastiques jetables

Et c’est là que les fameuses enzymes entrent dans la course. Incorporées directement dans la fabrication des granulés en plastique, « une fois activées, elles ont la capacité de couper la chaîne de polymères en petites molécules, qui sont ensuite assimilées par les micro-organismes présents dans la nature », explique Jean-Claude Lumaret, le directeur général de Carbios.

Mais s’il est facile de programmer les enzymes pour qu’elles mettent en pièces un sac plastique dont la durée de vie est limitée, c’est plus compliqué pour une bouteille d’huile en plastique, qui peut rester des mois stockées dans une cuisine.

Carbios propose donc d’intervenir après la collecte sélective. « On broie alors les bouteilles en plastique, on met les morceaux dans une bassine où l’on ajoute les enzymes. Elles vont découper les polymères en monomères, que l’on récupère après purification. Ils peuvent alors être réutilisés et ré-assemblés pour fabriquer de nouvelles bouteilles en plastique », poursuit Jean-Claude Lumaret.

Ce dernier espère avoir trouvé d’ici un an et demi des partenaires pour entrer dans la phase d’industrialisation de son procédé. Il a déjà créé une joint-venture, Carbiolice, qui produira et commercialisera des granulés pour film plastique biosourcé et biodégradable.