Toulouse: Pour ne plus regarder passer les trains, une commune sort ses vaches

TRANSPORTS Vachement motivés pour obtenir une halte ferroviaire, les habitants de Lespinasse, au nord de Toulouse, ont choisi de faire passer le message avec humour...

Helene Menal

— 

Une des quatre vaches qui sont apparues à Lespinasse.
Une des quatre vaches qui sont apparues à Lespinasse. — Laurence Desmoulin

A Lespinasse, au nord de Toulouse, les habitants en ont plus que marre que le train joue à saute-mouton. Avec la complicité de la mairie, ils ont donc sorti leurs vaches. Elles sont quatre, en alu, à la robe flashy et à la taille imposante. Plantées sur les ronds-points ou axes de passage, elles ne broutent pas. Elles revendiquent le droit de ne plus regarder passer les trains.

Ce happening bovin cache une vraie exaspération. Il a été imaginé par un collectif de citoyens baptisé «Lespinasse, une halte, sinon gare ! » qui depuis 2011 demande que les trains s’arrêtent enfin.

Un trajet en bus interminable

« Dans le projet de desserte du nord de Toulouse par un TER cadencé, un arrêt est prévu à Castelnau-d’Estrétefonds puis à Toulouse. Mais comme nous n’avons jamais eu de gare, Lespinasse n’est même pas mentionnée », déplore Bernard Sancé, le maire, parfaitement au diapason avec le collectif. ​

>> A lire aussi : Lignes à grande vitesse: L'Etat signe en faveur des dessertes vers le sud

​La commune ne réclame pas une vraie gare, juste un petit abri et « deux minutes d’arrêt ». Cette halte permettrait aux habitants de ce secteur du nord de l’agglomération, congestionné par les embouteillages, de rejoindre Matabiau, et donc le centre de Toulouse, en 15 minutes. Actuellement, le bus met « 50 minutes minimum » pour les déposer à la station de métro La Vache (ça ne s’invente pas).

L’humour n’aura qu’un temps

Le collectif, qui organise une grande réunion publique le jeudi 9 juin sur le sujet, précise qu’il se bat certes pour les Lespinassois « mais aussi pour tous les usagers potentiels des communes avoisinantes telles que Gagnac, Seilh, Bruguière, Saint-Alban ou Aussonne ».

Reste à savoir si les vaches de la colère feront mouche auprès des décideurs, la Région et la SNCF notamment. « Pour l’instant, nous avons choisi l’humour mais le ton pourrait changer si on ne nous entend pas », prévient le maire.