Toulouse: Des logements démontables en palettes pour donner un toit à ceux qui n'en ont pas

SOCIAL La communauté Emmaüs de Labarthe-sur-Lèze, au sud de Toulouse, inaugure le premier habitat démontable en bois recyclé inventé pas l’association Bois & Cie…

Beatrice Colin

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Association Bois & Cie

Ce jeudi soir, un couple de compagnons d’Emmaüs passera sa première nuit dans son nouveau nid. Contrairement aux autres personnes accueillies au sein de la communauté de Labarthe-sur-Lèze, au Sud de Toulouse, ils ne logeront pas dans un appartement classique. Ils vont être les premiers occupants d’un chalet réalisé en bois de récupération et démontable.

A l’initiative de l’association toulousaine Bois & Cie, ce nouveau type d’habitat peut permettre de répondre à une demande de plus en plus croissante de logements et d’hébergements d’urgence.

Réalisé dans le cadre d’un chantier d’insertion

« Nous avons ce projet « Toit et compagnie » depuis plusieurs années. Ce sont des bénévoles de l’association, confrontés à des problèmes de logements, qui ont eu l’idée de créer ces habitats démontables grâce à la collecte de rebut de bois », explique Chloé Viénot, chargée de mission au sein de l’association qui réalise des chantiers d’insertion.

Après avoir réalisé une première version, ses membres ont planché sur cette structure de 26 m2, équipée d’une chambre en mezzanine et de toutes les commodités nécessaires à n’importe quel logement. Le bois, issu de palettes non traitées, a été récupéré auprès d’Airbus ou de menuiseries.

« Ce n’est pas la seule, mais c’est une piste à explorer. Ce chalet a l’avantage d’individualiser davantage le logement », souligne Paul Hartmann, coordinateur d’Emmaüs Toulouse qui réfléchit à utiliser ce type d’habitat dans le cadre de l’agrandissement de la communauté.

Logement d’insertion ou d’appoint

La construction d’une troisième version, plus spacieuse et pouvant accueillir une famille, va débuter en juin pour une commercialisation en octobre. « Leur vocation est de répondre aux problèmes de logement. En ce moment nous travaillons avec des bailleurs sociaux. L’idée est d’utiliser du foncier disponible temporairement, avant la réalisation de logements en dur, pour y installer ces habitats démontables », avance Chloé Viénot.

Mais la vente de ces logements, dont le prix est estimé à 35.000 euros et qui ne nécessitent pas de fondations, vise aussi le marché des particuliers pour une extension ou un logement d’appoint. Et plus il y aura d’acheteurs, plus d’emplois d’insertion seront créés pour réaliser ces petits nids transportables.