Toulouse: Une nouvelle thérapie qui pourrait régénérer les cœurs

SANTE Le CHU de Toulouse est en pointe sur la thérapie cellulaire appliquée à la réparation des tissus cardiaques. Elle pourrait permettre aux cœurs malades de s’auto-régénérer…

Helene Menal

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Injection de cellules de moelle osseuse dans le cœur.
Injection de cellules de moelle osseuse dans le cœur. — CHU De Toulouse

Un cœur malade, faible de longue date ou malmené par un infarctus, qui reprendrait seul du poil de la bête par la grâce d’une injection. Ce n’est pas de la science-fiction. Trente ans après avoir réalisé sa première greffe cardiaque, le CHU de Toulouse continue d’innover dans le domaine. Il coordonne quasiment toutes les études françaises sur la thérapie cellulaire appliquée aux pathologies cardiovasculaires.

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L’idée est d’introduire dans le cœur du malade ses propres cellules avec pour mission de réparer les muscles ou tissus nécrosés. Plusieurs patients suivis à Toulouse ont déjà reçu une injection de ce type dans le cadre d’essais thérapeutiques. « Et les résultats sont encourageants puisqu’on constate une augmentation de la fonction cardiaque de 7 % en valeur absolue », souligne le cardiologue Jérôme Roncalli.

En lice pour le cœur artificiel

Le CHU planche plus précisément sur la mise au point d’un « médicament de thérapie innovante » qui pourrait être disponible « d’ici à environ 5 ans ». Baptisé « MESAMI », ce traitement individualisé sera basé sur des cellules issues de la moelle osseuse du patient, mises en culture à l’Etablissement français du sang (EFS). « Le programme en est encore à sa phase clinique mais nous avons beaucoup d’espoir », assure Jérôme Roncalli. Notamment celui de pouvoir retarder au maximum des interventions cardiaques lourdes comme les greffes.

L’établissement toulousain sera bientôt associé à une autre innovation retentissante : le cœur artificiel de la société Carmat. Comme annoncé, le CHU a été retenu pour la phase 2 du programme. « Nous avons monté une équipe dédiée qui est partie se former à Paris. Nous sommes techniquement prêts », indique Camille Dambrin, le chirurgien cardio-vasculaire qui coordonne le projet. La greffe d’un premier cœur artificiel à Toulouse pourrait intervenir avant la fin de l’année.