Toulouse: «Il y a entre 15 et 20 agressions physiques d’arbitres par an»

FOOTBALL Une convention a été signée entre justice, ligue Midi-Pyrénées et arbitres pour lutter plus efficacement contre les violences faites aux hommes en noir…

Nicolas Stival

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Les arbitres sont trop souvent victimes de violences, verbales mais aussi physiques.
Les arbitres sont trop souvent victimes de violences, verbales mais aussi physiques. — Le Lann / Sipa

Président de la ligue Midi-Pyrénées de football, Michel Charrançon ne veut surtout pas dramatiser la situation. Mais la protection des arbitres est un sujet suffisamment sérieux pour être pris à bras-le-corps. « Nous avons très peu d’actes délictueux, mais ils montent en gravité et l’âge des auteurs baisse », constate le dirigeant.

De la « poussette » au coup de poing

Aussi, la Ligue, l’Union nationale des arbitres (UNAF), la procureure générale près de la cour d’appel de Toulouse et les procureurs de son ressort viennent-ils de signer une convention. « Il y a entre 15 et 20 agressions physiques d’arbitres par an (sur le territoire couvert par la ligue Midi-Pyrénées), dévoile Jean-Pierre Cassagnes, trésorier de la section régionale de l’UNAF. Cela peut aller de la « poussette » au coup de poing. Sans parler des violences verbales… Or, le délai de traitement des dossiers par la justice est aujourd’hui très variable. »

Violence sur les terrains ce weekend !!

Publié par UNAF Midi Toulousain sur dimanche 8 mai 2016

« Nous avons besoin de rapidité dans la réponse pénale, lance Monique Ollivier, la procureure générale. Quand elle tombe trois ans après les faits, c’est une absence de réponse pénale. » La convention doit permettre d’accélérer les démarches et de faciliter l’échange d’informations entre les différents signataires.

Les signataires de la convention, le 31 mai 2016 au Palais de justice de Toulouse. Au premier rang: Jean-Pierre Cassagnes (UNAF), Monique Olivier (procureure générale) et Michel Charrançon (Ligue Midi-Pyrénées), devant les procureurs de la République.
Les signataires de la convention, le 31 mai 2016 au Palais de justice de Toulouse. Au premier rang: Jean-Pierre Cassagnes (UNAF), Monique Olivier (procureure générale) et Michel Charrançon (Ligue Midi-Pyrénées), devant les procureurs de la République. - N. Stival / 20 Minutes

« En cas de faits délictueux, nous suivrons l’action arbitrale et nous nous porterons partie civile », explique Michel Charrançon. En plus des sanctions prises par les autorités sportives (suspension, voire radiation), la justice peut décider de punir toute personne violente à l’égard de l’homme en noir, sur ou en dehors de la pelouse, avant, pendant ou après les matchs (amende, stage de citoyenneté, voire peine de prison).

Pas assez d’arbitres

En protégeant les arbitres, il s’agit aussi de faire naître des vocations. « 1.100 arbitres officiels exercent dans la ligue Midi-Pyrénées, explique Jean-Pierre Cassagnes, de l’UNAF. Il en faudrait entre 1.500 et 1.800. »