Toulouse: Au Capitole, les (grandes) bannières de l'Euro se font bâcher

SOCIETE Les immenses bâches accrochées à la façade de Capitole à l’occasion de l’Euro de foot ne sont pas du goût de tout le monde. Une association de protection des paysages a déposé plainte…

Helene Menal

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Les fameuses bâches qui font polémique sur la façade du Capitole à Toulouse.
Les fameuses bâches qui font polémique sur la façade du Capitole à Toulouse. — H. Menal - 20 Minutes

A dix jours de l’Euro, un premier match a déjà lieu à Toulouse. Il oppose les partisans et les détracteurs des dix immenses bâches qui pavoisent la façade du Capitole pour souhaiter la bienvenue à la fameuse compétition.

Les avis sont partagés

« Esthétiquement, on ne peut pas dire que ce soit réussi mais, peu importe, c’est le signal pour supporter l’équipe de France », estime Sarah.

Trois collègues trouvent au contraire cette déco plutôt réussie. « Nous avons besoin d’activité économique pour la ville et l’Euro va y contribuer amplement. C’est une bonne chose que le Capitole participe », assure Dany. Quant à ce jeune homme, dont on sent bien qu’il n’est pas un féru de ballon rond, il se contrefiche de l’effet produit car il est « Bordelais ». « Mais c’est quand même de la propagande », lâche-t-il.

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Les bannières font jaser jusqu’à Paris et au sein de la très sérieuse Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France (SPPEF). « Il s’agit clairement d’une publicité. Or, le Code de l’Environnement interdit expressément d’en faire sur un bâtiment classé », explique Claude Rossinelli, chargé de la publicité dans cette association reconnue d’utilité publique.

UEFA EURO 2016 à Toulouse : J-14 󾔗 Crédit photo : Patrice Nin / Ville de Toulouse

Publié par Ville de Toulouse sur jeudi 26 mai 2016

Elle se défend de faire de « l’Euro bashing ». « Nous n’avons rien contre le foot, précise Julien Lacaze, son vice-président. Mais ce sont des Toulousains qui nous ont saisis et nous avons jugé que cet affichage est excessif. » L’association a envoyé une lettre recommandée à la mairie le samedi 27 mai en lui demandant de décrocher les bannières.

Une plainte déposée ce mercredi

Mais la municipalité n’en a pas l’intention. Elle s’étonne que des protestations s’élèvent pour une opération plutôt courante. « Cette tradition éphémère qui consiste à mettre l’hôtel de Ville aux couleurs d’un événement de premier plan est aussi une bonne façon d’associer le plus grand nombre de Toulousains à une manifestation populaire très attendue », indique-t-on du côté du Capitole qui ne compte décrocher les bâches que le 17 juin « pour les préparatifs de la Fête de la musique ».

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Du coup, la SPPEF a décidé d’aller plus loin. Elle doit déposer plainte ce mercredi auprès du procureur de la République de Toulouse. « Notre action a une portée pédagogique, insiste Julien Lacaze. Un monument historique est fait pour être vu pas pour servir de panneau publicitaire géant ! »