Toulouse: Un militant anti-pub jugé pour avoir arraché une quinzaine d'affiches

JUSTICE Cet ingénieur informatique de 29 ans avait retiré une quinzaine de publicités des encarts de la société JC Decaux en mars 2016...

Julie Rimbert

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Johan Rogel accompagné par son avocat Benjamin Francos.
Johan Rogel accompagné par son avocat Benjamin Francos. — Julie Rimbert

Il a agi contre la surpublicité et considère qu’en ville, il est difficile d’échapper à ce matraquage. Johan Rogel, ingénieur informatique de 29 ans, était jugé ce mardi par le tribunal d’instance de Toulouse pour « dégradations volontaires » sur des panneaux publicitaires appartenant à la société JC Decaux.

Matraquage publicitaire

Le 25 mars 2016, vers 22 heures, ce jeune homme a été interpellé sur le pont des Catalans pour avoir arraché une quinzaine de d’affiches publicitaires dans le cadre de la journée internationale de lutte contre la publicité. Mercredi, ce membre de l’ association Résistance à l’agression publicitaire a expliqué son geste devant les juges. « Je considère que la publicité légitime peut être consultée librement, en toute conscience, a souligné l’ingénieur. Devant ma télévision, je peux changer de chaîne mais dans l’espace public, on subit le matraquage. J’estime qu’il y a un danger pour l’intérêt général car certaines publicités agissent sur le cerveau pour inciter à l’achat ».

Des arguments rejetés par l’avocat de la société JC Decaux qui avance que le raid anti-pub de ce militant a causé des dégradations pour un montant de 600 euros. « C’est du vandalisme urbain, un phénomène en plein essor dans le Sud-Ouest depuis plusieurs années, a détaillé Alain Peyrat. Cela décourage nos salariés qui ont l’impression que leur travail n’est pas respecté. Ce jeune homme peut exprimer son opposition autrement, par exemple en faisant de la politique ».

Affichage illégal des sociétés

L’avocat du militant anti-pub, qui réclame la relaxe de son client, a quant à lui rappelé que la publicité illégale était elle aussi un phénomène en plein essor. Dans l’Aude, l’association Paysage de France a fait condamner le préfet pour la 53e fois pour non-application du code de l’environnement, permettant de limiter l’affichage illégal. L’avocat s’est étonné que les militants soient poursuivis en justice mais pas les entreprises qui ne respectent pas la loi.

« Il y a une inertie des pouvoirs publics quant à la poursuite de ces sociétés, dont JC Decaux, qui ont ces comportements illégaux, a assuré Benjamin Francos. Rien qu’à Toulouse, 33 panneaux illégaux sont répertoriés sur les berges du Canal. Sans compter que de nombreuses études scientifiques démontrent que la publicité a un effet nocif sur le cerveau humain ». La procureur a demandé 1.000 euros d’amende envers le jeune homme de 29 ans. Le tribunal rendra son délibéré le 28 juin.

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