Corps démembré dans le Canal du Midi: Une femme avoue avoir découpé sa collègue de travail

FAITS DIVERS Une quinquagénaire a reconnu être l’auteur du dépeçage d’une collègue de travail avec qui elle avait un différend. Mais elle ne reconnait pas le meurtre…

Beatrice Colin

— 

Jeudi 26 mai, sur les berges du canal du Midi, où plusieurs membres d'un corps humain ont été découverts.
Jeudi 26 mai, sur les berges du canal du Midi, où plusieurs membres d'un corps humain ont été découverts. — H. Menal / 20 Minutes

Les contours du scénario macabre se précisent, mais des zones d’ombre persistent. Une femme est passée aux aveux dans l’affaire du corps dépecé, dont les membres ont été retrouvés tout au long de la semaine dans les eaux du Canal du Midi, à Toulouse.

>> A lire aussi : Une garde à vue après la découverte d'un corps démembré dans le Canal

La quinquagénaire, interpellée jeudi après-midi à l’aéroport de Montpellier (Hérault) de retour d’un voyage à Paris, a reconnu s’être rendue chez une collègue de travail, à Toulouse, le 15 mai dernier et s’être disputée avec elle.

Elle avoue le dépeçage, pas le meurtre

Cette femme de 52 ans a expliqué lors de son audition dans les locaux de la PJ de Montpellier « avoir porté un coup violent sur la victime à l’aide d’une bouteille de vin et lui avoir donné un coup de pied au flanc », a indiqué vendredi après-midi le procureur de la République de Toulouse, Pierre-Yves Couilleau.

Elle aurait alors quitté l’appartement, laissant derrière elle la victime gémissante mais toujours en vie. Prise de remords, elle aurait fait demi-tour et l'aurait retrouvé morte, les avants bras tailladés à l’aide d’un rasoir.

« Le lendemain, après avoir acheté une scie, elle a procédé elle-même à la découpe de la dépouille. Elle reconnaît aussi avoir fait usage de la carte bancaire de la victime en tentant de retirer la somme de 1.500 euros, mais n’a obtenu que 300 euros », complète le responsable du parquet.

Différend sur un SMS ambigu

L'argent n'aurait cependant pas motivé son geste. Elle a reconnu auprès des enquêteurs qu’elles entretenaient des relations exécrables et a indiqué qu’elle s’était présentée au domicile de sa victime pour avoir une explication sur son attitude sexuellement ambigue. C'est ce qui aurait « motivé son passage à l'acte», dû notamment à un SMS équivoque.

C’est d’ailleurs en partie grâce aux téléphones portables que les policiers de la PJ ont pu remonter jusqu’à la quinquagénaire, toujours en garde à vue.

Analysés génétiques et bornage des téléphones

Dès le 24 mai, et la découverte de la première jambe, des investigations génétiques ont été lancées. Les résultats sont tombés jeudi et ils correspondaient à ceux d’une personne qui n’avait plus donné de nouvelles depuis le 12 mai et dont la disparition a été signalée à la police le 22 mai.

L’enquête sur cette disparition inquiétante de la sûreté départementale de la Haute-Garonne avait mis en avant des relations difficiles entre ces deux femmes qui travaillaient dans la même association, implantée à Toulouse et Montpellier.

Les opérateurs téléphoniques ont été sollicités. « Ils ont confirmé les soupçons initiaux. Les téléphones de ces deux personnes ont activé les bornes sur le même trajet », précise Pierre-Yves Couilleau qui indique qu’une information judiciaire devrait être ouverte samedi pour « homicide volontaire ». La suspecte est actuellement dans les locaux de la PJ toulousaine et des perquisitions ont été réalisées au domicile de la victime, lieu où elle aurait été démembrée.

Puzzle macabre

Cette arrestation donne la réponse aux découvertes macabres qui ont eu lieu toute la semaine sur les berges du Canal du Midi. Mardi, la jambe gauche de la victime avait été retrouvée dans les eaux du Canal, emballée dans un sac plastique.

Les autres membres ainsi que le tronc ont été découverts mercredi et jeudi dans des bâches et dans une valise, en différents points du cours d’eau. La tête est toujours recherchée par les enquêteurs.