Réseaux sociaux: Jeune footballeur, voici ce qu'il ne faut surtout pas faire

FOOTBALL Coauteur du livre « Je veux devenir un footballeur professionnel », le Toulousain Laurent Mommeja livre quelques conseils sur le bon usage des réseaux sociaux…

Nicolas Stival
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L'oiseau bleu de Twitter.
L'oiseau bleu de Twitter. — Richard Drew/AP/SIPA

Cadre dans une administration toulousaine, Laurent Mommeja (31 ans) est également un passionné de ballon rond. Le créateur du site EspoirsduFootball.com, en 2009, vient de signer l’ouvrage Je veux devenir footballeur professionnel, aux éditions Amphora, en collaboration avec Matthieu Bideau, responsable du recrutement au centre de formation du FC Nantes.

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Un chapitre du livre liste les « attitudes à éviter », notamment sur les réseaux sociaux. Voici un petit guide des bonnes pratiques à l’usage d’un jeune footballeur auquel l’affaire Aurier n’aura pas suffi. Même si, comme le remarque Laurent Mommeja, « par rapport aux nombres de joueurs dans les centres de formation, il y a très peu de dérapages. »

1. Je prends conscience que les réseaux sociaux sont un espace public

Une petite remarque déplacée sur le coach de l’équipe première réservée à ses 30 potes sur Facebook. A priori, c’est parfaitement anodin. Sauf que les captures d’écran existent, et les amis mal intentionnés, susceptibles de relayer la diatribe, aussi… « Des jeunes de 14 ou 15 ans ne se rendent pas forcément compte qu’ils peuvent être surveillés par les supporters ou par leur club », ajoute Mommeja. « Parfois, des gens ressortent des messages vieux de deux ou trois ans, quand le jeune joueur était moins structuré. » En 2015, le gardien Mory Diaw, alors parisien, a ainsi vu remonter à la surface des tweets datant de 2012. Dans l’un d’entre eux, il déclarait sa flamme à l’OM. Gênant, forcément…

2. Je suis bien encadré et/ou je prends des « cours »

« Le TFC, qui est très actif sur les réseaux sociaux, sensibilise ses joueurs au risque de dérives, indique Mommeja. Dans d’autres clubs, on ne s’en occupe pas et on laisse cette tâche à l’agent ou au conseiller. » Certains joueurs, souvent renommés, ont recours à un community manager (CM) pour gérer leur communication.

Le risque de dérapage est alors limité, mais un compte Twitter ou Instagram peut vite se transformer en publicité permanente pour tel ou tel équipementier, ou bien à un robinet d’eau tiède. Vous avez dit Raphaël Varane ? Plus généralement, le jeune joueur est invité à éviter les pseudos, du type @LeFenodu94 ou @Punisherdu89. « Le fait d’utiliser sa propre identité, c’est agir en tant que personne responsable », observe Mommeja.

3. Je ne réponds pas aux provocations

Adeptes du « bashing », « haters » semi-professionnels, trolls de compétition… Le monde des réseaux sociaux est peuplé d’innombrables parasites grisés par l’anonymat. « Il n’y a qu’à voir l’affaire de Valbuena à l’aéroport de Blagnac, rappelle Mommeja. A la suite de ça, il a carrément été lynché ! » Le jeune doit aussi éviter de tomber dans les pièges d’une application comme Periscope. En relayant une insulte anti-corse avant un match de Coupe Gambardella sur le terrain de l’AC Ajaccio, l’Auxerrois Waly Diouf l’a appris à ses dépens. Le jeune Suisse Kilian Pagliuca (FC Zurich, ex-Lyon) s’est d’ailleurs fendu d’une lettre ouverte pour sensibiliser ses collègues.

4. Je me méfie de mes retweets

« Un retweet ne vaut peut-être pas approbation pour celui qui le fait. Mais pour celui qui le lit, oui. » Laurent Mommeja met en garde les adeptes de Twitter, non seulement par rapport à des messages politiques et religieux, mais aussi par rapport à d’autres, bien plus légers. « Beaucoup de jeunes reçoivent des tweets de supporters, du type "Je veux que tu rejoignes mon club". » Les relayer est parfois le meilleur moyen de se fâcher avec son actuel employeur et les supporters de celui-ci.