Toulouse: Près de 250 personnes radicalisées sont suivies dans l'agglomération

DJIHADISME Ce lundi, Manuel Valls a dévoilé son plan anti-djihad. Dans l’agglomération toulousaine, près de 250 personnes radicalisées sont suivies…

Béatrice Colin

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Un défilé des partisans de l'Etat Islamique, à Raqqa, en Syrie.
Un défilé des partisans de l'Etat Islamique, à Raqqa, en Syrie. — AP/SIPA

Certains sont partis en Syrie puis sont revenus, d’autres y sont toujours comme les frères Clain, ces Toulousains qui ont revendiqué les attentats du 13 novembre dans un enregistrement audio.

Signalées auprès des forces de l’ordre par des parents, des voisins, la plateforme téléphonique nationale ou identifiées grâce à leurs réseaux, aux alentours de 250 personnes radicalisées sont suivies en Haute-Garonne par les autorités, que ce soit judiciaires ou administratives.

La moitié des signalements n’aboutit pas

Autant d’hommes et de femmes qui pourraient être pris en charge par le futur « centre régional de réinsertion pour personnes radicalisées » dont la création a été annoncée ce lundi par le Premier ministre, Manuel Valls.

Il arrive parfois que ce soit leur changement brutal de comportement, passant des jupes au hijab en à peine quelques semaines, qui alerte leurs proches.

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« Toutes ne sont pas forcément fichées et ont des niveaux de dangerosité différents. Chaque semaine, nous faisons un point et évaluons les dossiers et les signalements, dont la moitié ne donne rien. Toulouse a été marquée par l’affaire Merah ou la filière dite d’Artigat, mais ce n’est pas la seule terre de radicalisation en France », tempère le directeur de cabinet du préfet, Frédéric Rose.

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Après les attentats de novembre, deux habitants de la Haute-Garonne ont été assignés à résidence dans le cadre de l’état d’urgence. L’un d’entre eux n’est autre de Farouk Ben Abbes, un proche des frères Clain, condamné le 21 mars dernier pour n’avoir pas respecté les limites géographiques de son assignation.

Un groupe de prévention de la radicalisation

Au-delà de ces 250 personnes suivies régulièrement, la préfecture a aussi mis en place depuis l’été dernier un groupe de prévention de la radicalisation. « Il a pour vocation d’accompagner les personnes vulnérables, soit près d’une quarantaine de personnes sur le département, souvent des jeunes. Cela passe par un volet social, éducatif parfois psychologique qui peut éviter la bascule vers la radicalisation », souligne Frédéric Rose.

Un groupe qui réunit aussi bien des associations que les services de l’Education nationale, du renseignement territorial ou du tribunal de grande instance.

Des mineurs candidats au djihad

En janvier dernier, le procureur de la République, Pierre Yves Couilleau, avait indiqué qu’une trentaine de dossiers de radicalisation de mineurs, suspectés de vouloir partir faire le djihad, avaient été ouverts par ses services depuis l’été 2014.

Cela avait permis parfois d’empêcher des départs pour la Syrie d’apprentis djihadistes. D’autres, comme ces deux élèves du lycée des Arènes revenus après deux semaines passés sur place, devront par contre s’expliquer devant un juge.

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