Toulouse: Sous l'ancien garage auto, les fouilles révèlent un mur de 1785

ARCHEOLOGIE Des fouilles menées sur les allées Charles-de-Fitte ont permis de mettre au jour un mur qui permettait de filtrer les marchandises et les taxer...

Hugo Murail

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Le mur datant du XVIIIe siècle a été découvert sur les allées Charles-de-Fitte, à l'emplacement d'un ancien garage où sera construit des logements.
Le mur datant du XVIIIe siècle a été découvert sur les allées Charles-de-Fitte, à l'emplacement d'un ancien garage où sera construit des logements. — Hugo Murail / 20 Minutes

Il faut croire que lorsqu’on creuse à Toulouse, on trouve. Cette fois, c’est sous un ancien garage automobile des allées Charles de Fitte qu’un mur un peu particulier, datant de 1785, a été retrouvé.

Avant qu’une centaine de logements soient construits sur cet espace situé en face de la caserne des pompiers, le service archéologique de Toulouse Métropole a mené durant trois semaines des fouilles pour vérifier qu’aucun trésor n’y était enfoui. Même s’il s’attendait bien à tomber non pas sur un os mais de la brique, bien toulousaine.

Taxation des marchandises

Le responsable du service, Pierre Pisani, avait en effet connaissance de la présence d’un mur grâce aux écrits. Lorsque le rempart médiéval de Toulouse, qui se trouvait autrefois sous les allées, fut détruit, un mur a été reconstruit à quelques mètres.

Reliant Saint-Cyprien au Fer à cheval, cette ceinture empêchait la moindre marchandise d’entrer en ville. Avant d’y avoir accès, les commerçants devaient s’affranchir d’une taxe d’importation appelée l’octroi et qui était reversée aux  Capitouls, les membres de l’ancêtre du conseil municipal, abolis avec la Révolution.

En revanche, l’archéologue ne s’attendait pas à de telles dimensions pour un mur dont la vocation n’était pas celle d’un rempart. Cela montre selon lui qu’« il y avait de gros enjeux […] même si à cette époque ce secteur était peu urbanisé ». Eriger un mur de cinq mètres de haut, sur presque deux de larges et d’une longueur de 800 mètres, c’est excessif pour faire payer un impôt à des commerçants.

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Ces vestiges n’étant pas une découverte clé, ils seront détruits pour y construire les parkings sous-terrains d’un ensemble immobilier. Cette découverte va tout de même permettre « de mettre à jour les archives », insiste Pierre Pisani.