Ariège: Fausse généalogiste et pseudo-avocat parisien, mais vrais arnaqueurs

ESCROQUERIE Des escrocs ont mis en place une arnaque élaborée, mêlant généalogie et assurance-vie. La gendarmerie de l’Ariège met en garde contre ces procédés, qui ont coûté cher à certaines victimes…

Nicolas Stival

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Des photos de famille des années 1930, 1940 et 1950. Illustration.
Des photos de famille des années 1930, 1940 et 1950. Illustration. — G. Michel / Sipa

En matière d’imagination, les escrocs n’ont pas de limite. Certains Ariégeois, ciblés par une arnaque très recherchée mêlant généalogie et assurance-vie, peuvent en témoigner. L’une des victimes s’est même fait délester de 25.000 euros, selon la gendarmerie. Une enquête pour escroquerie a été ouverte en raison des nombreux cas signalés.

La combine répond toujours au même mode opératoire : une personne récemment endeuillée reçoit un coup de fil d’une femme. Elle se présente comme une généalogiste et propose un rendez-vous téléphonique avec un soi-disant avocat au barreau de Paris. Au moment convenu, celui-ci appelle la cible de l’escroquerie, et explique qu’une personne, non identifiée, a souscrit une assurance-vie en Espagne voici une cinquantaine d’années, au profit du proche disparu.

De l'« argent » à rapatrier d’Espagne

En raison du décès de celui-ci, l’interlocuteur devient l’héritier d’une somme conséquente, puisque les 75.000 euros du contrat initial ont fait des petits. Avec les intérêts, la somme atteint désormais plus de 366.150 euros ! Mais forcément, il y a un hic. A grand renfort de jargon juridique, histoire d’embrouiller le chaland, le faux avocat explique que l’unique moyen de rapatrier l’argent en France est de passer par une banque étrangère, italienne ou espagnole selon les cas.

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Seulement, pour toucher le magot, il faut au préalable verser une somme rondelette, généralement de 10.000 euros. Mais, parfois, il s’agit de 10 % du contrat total, soit plus de 30.000 euros ! « Serviable », le pseudo-homme de loi communique un RIB de la banque étrangère à son interlocuteur, avec facture et clause de confidentialité en sus. Ce dernier n’a plus qu’à se rendre dans sa propre banque pour transférer la somme.

Des faux sites internets et de fausses adresses

Si jamais la personne appâtée exprime des doutes, les arnaqueurs ont tout prévu : un site internet avec un nom de domaine du type cabinetdavocatsXXX. com, une adresse mail cabinet. XXX@mail.com, une adresse postale à Paris et un numéro en 01 permettant de contacter le fameux cabinet.

Certaines de ces arnaques ont pu être déjouées, mais les aigrefins sont parfois parvenus à leurs fins… Si des personnes sont visées par ce type d’escroquerie, la gendarmerie de l’Ariège les invitent à composer le 17 pour le signaler.