Toulouse: Après les noyades en série, des caméras thermiques vont être testées

SOCIETE Face aux noyades en série de jeunes dans la Garonne, la mairie va accélérer le test de caméras thermiques capables de détecter les chutes…

Hélène Menal
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Les berges et les Pont-Saint-Pierre. Archives
Les berges et les Pont-Saint-Pierre. Archives — FREDERIC SCHEIBER / 20 MINUTES

Camille avait 20 ans. Il venait du Gers faire la fête à Toulouse, sur LE « spot » de la place Saint-Pierre. Son corps a été repêché le 6 avril près de la chaussée du Bazacle, une semaine après sa disparition.

Il est mort d’hydrocution, rejoignant la trop longue liste des jeunes noyés de la Garonne. Comme Antoine des Landes, un soir de réveillon, Antoine de Perpignan ou l’Aveyronnais Iring.

Bornes sonores

Y a-t-il une fatalité à voir les jeunes fêtards couler dans les eaux sombres ? A chaque drame, chacun y va de sa solution. Depuis plus de deux ans, il y a par exemple « une ligne de vie » installée par la mairie le long du quai Saint-Pierre. Cette corde immergée doit permettre aux plongeurs involontaires de se raccrocher. Elle est accompagnée de bouées à jeter, de moins en moins volées, c’est déjà ça.

« Mais comment repérer une corde dans la nuit, il faudrait qu’elle soit fluorescente », avance Pierre Cardinale, le porte-parole du club des professionnels « Toulouse au fil de l’o ». Il préconise d’organiser des maraudes de médiateurs et l’installation de bornes sonores, reliées aux secours, mais qui pourraient aussi donner l’alerte et pousser les autres noctambules à commencer le sauvetage.

Olivier Arsac, adjoint au maire en charge de la Sécurité, en appelle aux gérants des débits de boissons. « Une licence IV, c’est aussi le devoir ne plus servir ceux qui sont en excès ou de ne pas servir les clients qui sont en dehors des terrasses réglementaires », estime-t-il.

Une à trois caméras

L’élu pense aussi à une solution plus technique. « L’idée serait de tester à Saint-Pierre une à trois caméras thermiques en capacité de détecter une chute dans l’eau », avance-t-il.

Ce test était déjà prévu. « Mais l’actualité renforce l’intérêt du projet initial et nous allons demander à notre sous-traitant de démarrer l’expérience, précise Olivier Arsac. Si elle est concluante, nous adopterons le dispositif ».