Toulouse: Une start-up met au point une technologie pour se substituer aux conservateurs

INNOVATION La société toulousaine Pylote a développé une technologie verte, intégrée dans l'emballage des produits, permettant de faire barrage aux bactéries...

Julie Rimbert
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Illustration de produit de nettoyage de lentilles de contact.
Illustration de produit de nettoyage de lentilles de contact. — B. Colin / 20 Minutes

Il aura fallu cinq ans de recherche pour mettre au point cette technologie verte permettant de faire disparaître les conservateurs des produits. La start-up Pylote, implantée à Dremil-Lafage, a développé des microsphères minérales intégrées à l’emballage des produits, capables de faire barrage aux bactéries.

Intégré au processus industriel

« L’effet Pylote, stocké dans les microsphères en céramique ou minérale, génère des éléments qui détruisent les bactéries pouvant se développer dans un produit, explique Loïc Marchin, le cofondateur de la société Pylote fondée en 2009. Quand on manipule un produit, 85 % de la contamination provient du flacon du produit. La force de notre technologie, c’est qu’elle est mise en place dans les emballages, comme des flacons, sans toucher au processus industriel des fabricants ».

Cette innovation, qui a reçu en février le prix du salon européen Pharmapack, devrait permettre aux industriels de diminuer, voire de faire disparaître totalement, les conservateurs ( parabène, perturbateurs endocriniens, etc.) dans de nombreux produits de consommation. Les domaines d’applications vont de l’ophtalmologie, à la pharmacie en passant par la cosmétique ou l’alimentaire.

Levée de fonds de deux millions d’euros

« Les conservateurs, par exemple dans les collyres ophtalmologiques, garantissent la stérilité de la solution liquide mais ils peuvent provoquer des effets secondaires, qui peuvent aller jusqu’à la cécité, souligne Loïc Marchin. Avec notre technologie baptisée Pyclear Protection, c’est le flacon qui détruit lui-même toute bactérie sans ajout de substance chimique dans le produit ».

En échange d’une licence d’utilisation, la PME toulousaine fournit donc les microsphères au fabricant d’emballage qui les intègre lui-même dans son produit. Forte de sa technologie verte, l’entreprise a levé en janvier deux millions d’euros auprès des fonds d’investissements Auriga Partners et Galia Gestion pour accélérer son développement commercial en Europe et aux Etats-Unis où elle doit participer en avril et mai à des salons spécialisés.