Haute-Garonne: Pesticides dans l'air, l'autre pollution

SANTE Une étude de l’observatoire régional de l'air sur les pesticides montre qu’il y en a jusqu’à trois fois plus à la campagne, dans le Lauragais en l’occurrence, qu’en ville…

Helene Menal

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Un tracteur dans un champ du Lauragais. Illustration
Un tracteur dans un champ du Lauragais. Illustration — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Quand l’Observatoire régional de l’air (Oramip) prend du champ et mesure les pesticides que l’on respire, forcément, le « bon » air de la campagne en prend un coup. Les résultats dévoilés jeudi, concernent deux sites :  Bélesta, un petit village haut-garonnais du Lauragais et la ville d' Auch dans le Gers. Le tout sur une durée inédite d’un an.

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Des molécules interdites mais tenaces

Premier enseignement, sur les 60 molécules recherchées, 9 seulement sont quantifiables en zone urbaine contre 14 dans la campagne lauragaise. Dans cette dernière, 22 % des échantillons mettent en évidence des molécules de lindane dont la commercialisation est pourtant interdite depuis 1998.

De façon générale, les concentrations de fongicides, herbicides et autres insecticides dans l’air sont jusqu’à trois plus élevées dans le Lauragais qu’à Auch, avec un gros pic au printemps et en début d’été.

Les molécules de produits phytosanitaires dans l'air à Auch dans le Gers.
Les molécules de produits phytosanitaires dans l'air à Auch dans le Gers. - Oramip

 

Les concentration de produits phytosanitaires dans l'air à Bélesta-en-Lauragais, dans la Haute-Garonne.
Les concentration de produits phytosanitaires dans l'air à Bélesta-en-Lauragais, dans la Haute-Garonne. - Oramip

 

La mesure des phytosanitaires dans l’air en est à ses balbutiements, tout comme les études sur leurs effets sur la santé. L’Oramip se garde bien de tirer des généralités de la première étude comparative sur un sujet sensible dans le monde agricole. « Une base de données nationale plus exhaustive va petit à petit être mise à la disposition des chercheurs en santé publique », indique Dominique Tilak, la directrice de l’Oramip.

Périmètre de protection

« J’espère qu’on va vraiment avoir des financements pour pérenniser ces surveillances et améliorer nos connaissances sur les effets sanitaires », ajoute José Cambou, vice-présidente de l’Oramip mais aussi de France Nature Environnement (FNE) dans la région.

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La militante « ose espérer » que les préfets de la région vont s’empresser d’appliquer une récente circulaire du ministère de l’Environnement. Elle leur demande de fixer des distances minimales entre les épandages et les lieux recevant des personnes vulnérables, comme les écoles, les hôpitaux ou les maisons de retraite.