Toulouse: Une #NuitDebout qui prend ses marques et assoit ses principes

SOCIETE Intergénérationnelle et fourmillant de débats, la première #NuitDebout du Capitole s’est déroulée dans une ambiance sereine. Ce soir, les « deboutistes » remettent ça…

Hugo Murail
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La première #NuitDebout toulousaine, le mardi 5 avril 2016.
La première #NuitDebout toulousaine, le mardi 5 avril 2016. — H. Murail - 20 Minutes

Ils ont été 700 au plus fort de la mobilisation, à tromper le sommeil pour la première #NuitDebout toulousaine. Des jeunes en majorité mais aussi des travailleurs, des retraités ou des chômeurs se sont réunis mardi soir afin de « permettre un moment d’échange et de dialogue ». Pour « trouver des solutions » selon les organisateurs. Alors que la luminosité s’est amenuisée, l’ambiance est restée la même tout le long : partage, sérénité et dialogue.

Un système « à l’espagnole »

Lorsque le mouvement a commencé vers 18 heures, ils n’étaient que quelques dizaines mais la soirée avançant, ceux qui sortaient du travail sont arrivés, d’autres ont pris connaissance du rassemblement tardivement comme Sofia, étudiante. « Moi je viens de Normandie et j’ai des potes qui habitent ici, raconte-t-elle, je n’étais pas au courant de ce qui se passait mais quand on a vu le concept, on s’est dit que notre devoir était de venir ».


Bière et accordéon

La soirée a été rythmée par des prises de parole de deux minutes maximum par personnes au micro. #Nuitdebout se fait « à l’espagnole », donc interdiction de couper la parole, même pour applaudir, ainsi celles et ceux qui voulaient réagir devaient respecter un code en langue des signes. Du coup, l’ambiance a été calme et sereine. Et les sujets abordés lors de la première AG aussi attendus que variés : féminisme, écologie, consommation.


Le sérieux des débats n’a pas empêché la détente. Certains n’avaient pas oublié de faire le plein de cannettes de bière pour accompagner les notes d’accordéon ou de flûte traversière.

Des relents de sarkozysme

Dans cette foule, Fred, une infirmière qui veut « agir » et « ne pas attendre les autres ». Vu qu’elle travaille, il est compliqué pour elle de rester toute la nuit. « En revanche, si ça se prolonge, on s’organisera pour faire des nuits blanches », assure-t-elle. Un peu plus loin Bérénice et son amie sont là pour se rattraper. Elles n’ont pas pu participer à la manifestation mais ont quand même une dent contre la Loi Travail. Et, « ouais », elles vont rester à cause « de ces relents de projets de lois qu’on avait vu que sous Sarkozy ».


Mercredi soir, rebelote

Pour Maurice, ingénieur, « ces rassemblements sont importants pour montrer qu’on n’est pas seul et qu’on est nombreux à ne pas être d’accord […] Il faut continuer et rassembler le plus grand nombre ». Enfin, Didier, retraité, est venu tout spécialement d’Ariège en pendant à ses « petits-enfants ». Pour lui, « c’est normal de protester. Ce n’est pas parce qu’on est à la retraite que l’on ne doit pas se battre pour son prochain, au contraire. » Il n’a pas fini de faire des allers-retours. Un nouvel appel a été lancé pour reconduire le mouvement ce mercredi.