Djihadisme: Un proche de Fabien Clain en prison pour avoir violé son assignation à résidence

JUSTICE Farouk Ben Abbes, cité dans plusieurs affaires de terrorisme, a été condamné lundi à trois mois de prison ferme pour violation de son assignation à résidence...

Beatrice Colin

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Code Dalloz lors d'une audience au Tribunal de Grande instance de Toulouse.15/09/2010 Toulouse
Code Dalloz lors d'une audience au Tribunal de Grande instance de Toulouse.15/09/2010 Toulouse — FrŽdŽric Scheiber/20MINUTES

L’homme qui s’est présenté ce lundi dans le box des prévenus du tribunal correctionnel de Toulouse est loin de l’image de l’intégriste radical.

Petit gabarit sous sa doudoune noire, ton poli, réponses claires sans aucune agressivité, Farouk Ben Abbes, un Belge de 30 ans, était jugé en comparution immédiate pour avoir violé à trois reprises son assignation à résidence prise dans le cadre de l’état d’urgence. Un délit, qu’il n’a pas nié et pour lequel il a été condamné à trois mois de prison ferme.

Cité dans plusieurs affaires de terrorisme

C’est la première condamnation à être inscrite au casier de celui qui est étudiant depuis septembre dernier en Langue étrangère et civilisation à l’université Jean-Jaurès, comme sa future femme, qui y suit un master.

Ce n’est pourtant pas la première fois que Farouk Ben Abbes a des démêlés avec la justice. Il est connu pour être un proche de Fabien Clain, l’homme qui a revendiqué les attentats de novembre 2015. Et c’est pour sa proximité avec l’islam radical qu’il est assigné depuis le 17 novembre dernier.

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Son nom revient ainsi régulièrement dans des affaires de terrorisme, lorsqu’on parle de la nébuleuse djihadiste où convergent les familles Merah, mais aussi Kouachi. Il a ainsi été interpellé après l’attentat du Caire du 22 février 2009, celui où une lycéenne française de 17 ans, Cécile Vannier, a perdu la vie et 24 autres personnes ont été blessés. Dans cette affaire, il a bénéficié d’un non-lieu, car les juges en charge de l’enquête n’ont pas eu d’éléments à charge suffisants et significatifs pour le renvoyer devant un tribunal, pointant au passage « l’inertie patente des autorités égyptiennes ».

Au cours de cette enquête une Française a été arrêtée et a raconté que le même Farouk Ben Abbes avait le « projet de faire exploser le Bataclan » dès 2009, aux côtés de Fabien Clain. Il ne sera jamais inculpé dans cette affaire.

Violation de l’assignation par « méconnaissance géographique »

A l’audience de ce lundi, pas une fois son passé ne sera abordé, ni les raisons propres de son assignation. Juste les motifs de ses déplacements : à Blagnac pour louer une voiture, à Portet pour acheter une cafetière et à Colomiers vendredi dernier pour acheter une voiture. C’est là qu’il est interpellé, car placé sur écoute, la police connaît son projet d’achat.

« Je ne conteste ni lesarrêtés d’assignation, ni les infractions. Je me suis rendu à Colomiers, à Portet et Blagnac, car je ne savais pas que c’était en dehors de Toulouse. Je suis Belge et il y a 17 communes qui forment la ville de Bruxelles, je pensais que c’était pareil à Toulouse. C’est par méconnaissance, pas pour m’opposer à la loi », a plaidé Farouk Ben Abbes, arguant qu’il n’était à Toulouse que depuis sept mois.

Des arguments qui n’ont pas fait mouche auprès des juges. « On ne peut pas envoyer quelqu’un en prison parce qu’il ne connaît pas sa géographie. Ils n’ont pas jugé la violation de son assignation, mais le reste. Ça ne m’étonne pas que le parquet ait requis six mois ferme, mais que des juges indépendants le condamnent à trois mois ferme, c’est disproportionné », critique son avocate, Stéphanie Calvet.