Toulouse: Ce qu'il faut savoir sur la desserte de Labège en métro (si ça arrive un jour)

TRANSPORTS En pleine «crise du PLB», le point sur les options qui restent sur la table pour desservir le sud-est toulousain en métro, leur coût et leurs chances d'aboutir...

Hélène Ménal

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Le métro ne survolera jamais le Palays.
Le métro ne survolera jamais le Palays. — Alexandre GELEBART/REA

Une semaine après l'abandon du projet de prolongement de la ligne B du métro vers Labège (PLB), la tension n'est pas retombée dans l'agglomération. Où en est-on du bras de fer qui oppose Toulouse Métropole et le Sicoval et, surtout, existe-t-il des portes de sorties ?

Le PLB est-il mort et enterré ?

Oui. Techniquement, il fallait une Déclaration d'utilité publique (DUP) du projet avant le 8 mars. C'est donc rapé. Petit rappel hommage: Le PLB consistait à relier Labège au termis de Ramonville sur 5 km, essentiellement en aérien et en créant 5 stations. Le coût était de 363 millions d'euros selon le Sicoval, Toulouse Métropole arrondit à 400 millions en comptant l'achat de nouvelles rames.

Est-ce un dossier politique ?

Oui, si l'on se fie aux déclarations qui fusent depuis une semaine. Mais non si on revient sur l'historique du projet. Jean-Luc Moudenc (LR), le maire de Toulouse aujourd'hui désigné comme le fossoyeur du PLB, était aussi à son origine il y a quinze ans. En fait, le premier coup porté au PLB l'a été en 2008 par le maire socialiste Pierre Cohen. Il a proposé de le remplacer par un bus en site propre avant de se re-convertir au PLB.

En fait, il semble que ce soit la fonction de maire de Toulouse qui soit incompatible avec le PLB. Une fois au Capitole, il apparaît difficile de dépenser autant d'argent pour un projet hors les murs. Surtout quand on a défendu d'autres projets de transports en commun pendant sa campagne. Comme la fameuse troisième ligne de métro dans le cas de Jean-Luc Moudenc.

Quels sont les scénarios encore sur la table ?

Toulouse Métropole propose «une fusion entre le PLB avec la troisième ligne de métro». «Je suis un des rares élus toulousain à militer sans avoir jamais changé d'avis pour la desserte de Labège en métro», s'est défendu mardi Jean-Luc Moudenc qui s'exprimait pour la première fois depuis le début de la crise. Engagé sur la troisième ligne (TAE pour Toulouse Aerospace express, il propose donc désormais de la prolonger jusqu'à Labège-Cadène depuis Airbus defence and Space (ex-Astrium) et même de commencer les travaux par là. Ce  prolongement renchérirait de 300 milions une TAE déjà estimée à 1,7 milliard.

 

Le Sicoval était prêt à transiger sur le PLB avec un scénario bis, un prolongement de la ligne B jusqu'au campus de polytechnique connecté à la future TAE. Une option estimée par les deux parties à 220 millions d'euros. Mais trop chère pour Jean-Luc Moudenc. Il s'appuie sur les études du PLB (qui ne tiennent pas compte de la connexion TAE) pour dire que c'était la portion la moins fréquentée du projet. Selon lui, pour 2.500 voyageurs/jour, faire un métro est «disproportionné». Il préfère donc un téléphérique pour survoler le Palays et le Parc Technologique du Canal, à 40 millions d'euros. La proposition des télécabines a vexé le Sicoval dans un premier temps. Il doit maintenant la digérer. Surtout, envisager le report de la desserte en métro d'au moins deux ans. Et si le maire de Toulouse promet de mettre en service la TAE en 2024, il peut y a voir des aléas sur un projet d'une telle ampleur.

 Y a-t-il des chances d'en sortir par le haut ?

Oui.On voit mal le Sicoval renoncer à son métro. Il lui reste dans la manche les partenaires financiers qu'il avait réuni autour du PLB: l'Etat, le Conseil départemental et la Région, pour plus de 100 millions d'euros au total. Ces sommes pourraient être en partie redispatchées sur la TAE. Et Jean-Luc Moudenc ne pourra pas mégoter sur le moindre million. Donc, les négociations devraient reprendre.