Concorde en stock à Saint-Aubin

Amandine Rancoule - ©2007 20 minutes

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Petits instruments de bord, vanne d'isolation thermique, altimètre, masque à oxygène passager... Un millier de pièces détachées du supersonique Concorde sont exposées (en accès libre) depuis samedi à l'hôtel des ventes Saint-Aubin. Elles seront ensuite mises en vente aux enchères du 28 septembre au 1er octobre à la Halle aux grains. Présentées sur 500 m2, les pièces, posées sur des caisses d'emballage en bois ou disposées dans des vitrines, raviront curieux, collectionneurs, amateurs et acheteurs potentiels. Seul le train d'atterrissage, pesant 1,2 tonne, n'a pu être exposé.

Avec une mise à prix entre 1 500 et 2 500 euros, le machmètre gradué jusqu'à Mach 2 va certainement retenir l'attention des acheteurs et des visiteurs. Parmi eux, Michel Rétif, le mécanicien naviguant sur le premier vol du Concorde, le 2 mars 1969, se souvient. « A 2 000 km/h, le Concorde mettait Paris à trois heures de New York. Mon plus beau souvenir reste l'atterrissage à New York, il y a trente ans », raconte-t-il.

Dans une ambiance nostalgique, 835 lots, dont la mise à prix va de 20 euros à 3 000 euros, sont exposés et proposés aux enchères. « C'est une vente exceptionnelle. On en fait qu'une comme ça dans une carrière. Mon père était pilote, j'avais 9 ans quand le Concorde a décollé pour la première fois. Je suis de sa génération », raconte Marc Labarbe, le commissaire-priseur. Il conseille aux acheteurs potentiels de s'inscrire à l'hôtel des ventes et de retirer une plaquette d'enchérisseur. A la Halle aux grains, où les pièces seront projetées sur un écran géant, vingt-cinq lignes téléphoniques sont prévues pour les participants.

Propriété d'Airbus, ce stock de mille pièces a été cédé à l'association Aérothèque, qui oeuvre à protéger le patrimoine aéronautique. Le bénéfice de la vente sera reversé à Aéroscopia, vaste parc de découverte aéronautique qui ouvrira ses portes en 2010 face aux usines d'assemblage A 380. Une belle fin pour cet avion mythique.