Toulouse: Il n'y aura pas de prolongement du métro vers Labège

TRANSPORTS Le prolongement de la ligne B (PLB) du métro vers Labège est enterré. Toulouse Métropole privilégie le scénario plus lointain d’une troisième ligne métro…

Helene Menal

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Le PLB serait en grande partie aérien entre Ramonville et Labège.
Le PLB serait en grande partie aérien entre Ramonville et Labège. — Infime Architecture

Fin du match et d’un suspense qui durait depuis deux décennies. Le prolongement de la ligne B du métro vers Labège (PLB), un projet financièrement bouclé qui n’attendait que le feu vert du conseil syndical de Tisséo, ne se fera pas.

« Les négociations ont échoué ce mardi après-midi et Jean-Luc Moudenc [maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole] a refusé tout compromis », annonce Emmanuel Auger, le directeur de cabinet de Jacques Oberti, le président du Sicoval, forcément « en colère pour les habitants du sud-est Toulousain ».

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Le PLB avait du plomb dans l’aile depuis que Jean-Luc Moudenc a été élu au Capitole en mars 2014, avec pour proposition phare de construire une 3e ligne de métro baptisée Toulouse Aérospace Express (TAE) entre Montaudran et le siège d’Airbus à Colomiers. Il propose désormais de la prolonger jusqu’à Labège. Le PLB devait coûter 362 millions d’euros, la ligne TAE est estimée à 1,7 milliard. Difficile de mener les deux projets de front.

Un scénario bis écarté

Il semble donc que Jean-Luc Moudenc, qui n’a pas souhaité s’exprimer mardi sur sa décision, ait jugé le challenge carrément impossible. Pourtant, jusqu’au dernier moment, le Sicoval a proposé un scénario bis qui lui paressait « raisonnable » : un PLB raccourci, allant du terminus de Ramonville à l’Institut Polytechnique (INPT) en attendant que la troisième ligne de métro desserve Labège Innopole.

Mais Jean-Luc Moudenc n’a pas retenu cette option non plus. Il a seulement consenti un téléphérique qui traverserait le canal et survolerait le Palays…

L’arme juridique

Le maire de Toulouse joue donc son va-tout sur la troisième ligne de métro quitte à mécontenter les milieux économiques, qui attendaient le lancement des travaux du PLB, et les Toulousains qui travaillent dans le sud-est de l’agglomération.

« Quinze millions d’euros ont déjà été dépensés en études sur le PLB, nous avions obtenu des financements de l’Etat, du conseil départemental et de la Région », rappelle Emmanuel Auger. Georges Méric (PS), le président du conseil départemental, juge de son côté l’abandon du PLB « désolant » et le qualifie d' « erreur politique ».

Par ailleurs, les rapports diplomatiques vont se (re)tendre entre la Métropole et le Sicoval. Ce dernier a en quelques minutes créé un hashtag ironique « #mercijeanluc » et ne laissera pas enterrer le PLB sans faire des recours juridiques qui pourraient peser sur l’avancement du projet de 3e ligne. Or la promesse de Jean-Luc Moudenc est une mise en service pour 2024. La course contre la montre est lancée et la piste sera probablement savonnée.