Conseillère agricole tuée en Aveyron: l'agriculteur mis en examen pour « assassinat »

JUSTICE Le parquet de Montpellier a ouvert une information judiciaire pour « homicide volontaire » avec préméditation. Le suspect, qui souffrirait de « délires paranoïaques », a été mis en examen vendredi pour « assassinat » …

B.C.

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Une femme a été retrouvée morte dans cette ferme de Mayran (Aveyron), le 17 février 2016.
Une femme a été retrouvée morte dans cette ferme de Mayran (Aveyron), le 17 février 2016. — José A. Torres / AFP

Selon les experts psychiatriques, l’homme à l’origine de la mort d’Elodie Bonnefille, tuée mercredi sur une exploitation agricole en Aveyron, souffre de « délires paranoïaques », mais son état est jugé compatible avec la présentation devant un juge.

Ce vendredi après-midi, le parquet de Montpellier a mis en examen pour « assassinat »  Xavier Espinasse qui, jeudi, n’avait toujours pas expliqué son geste. Le procureur de la République, Christophe Barret, qui a ouvert vendredi matin une information judiciaire pour «homicide volontaire avec préméditation», a indiqué qu’au moment des faits, cet homme de 46 ans était dans un « délire interprétatif paranoïaque ».

Déféré dans la matinée

Le suspect, qui travaille avec son frère dans une ferme laitière de Mayran, à une vingtaine de kilomètres de Rodez, a été déféré dans la matinée.

>> Lire aussi : La jeune conseillère agricole est bien morte noyée

Selon les premiers éléments de l’enquête, il a « agressé » la jeune technicienne avant de la traîner et tuer dans un étang. Jeudi soir le procureur de Rodez avait confirmé « la mort par noyade » de la jeune femme de 26 ans.

Des motifs irrationnels invoqués

Lorsque les pompiers et les gendarmes, prévenus par son frère et un voisin, arrivent sur place, Xavier Espinasse tient des propos incohérents et pour justifier son geste avance « des motifs irrationnels », a indiqué ce vendredi le chef du parquet de Montpellier.

En garde à vue, cet homme, qui n’a pas d’antécédents psychiatriques, a expliqué aux enquêteurs que « depuis plusieurs jours, des choses n’allaient pas chez les hommes et les animaux de la ferme. Il fallait qu’il la tue pour que cela cesse ».

Avant de la ceinturer, l’étrangler et la noyer, l’agriculteur « a mûri son projet, a pris les clefs laissées sur le contact de la voiture de la jeune femme pour l’empêcher de partir », a indiqué le procureur de la République de Montpellier.

Un collège de deux experts psychiatres va être nommé par le juge d’instruction pour déterminer si le discernement du suspect était altéré au moment des faits.