Toulouse: Un campement installé à Wilson pour défendre le droit à un toit pour 36 sans-abri

SOCIAL Soutenus par le DAL, des sans-abri ont installé ce jeudi un campement en plein centre-ville pour dénoncer le manque de logements…

Béatrice Colin

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Plusieurs tentes ont été installées jeudi 18 février 2016 à Toulouse par des sans abri soutenus par le Droit au logement.
Plusieurs tentes ont été installées jeudi 18 février 2016 à Toulouse par des sans abri soutenus par le Droit au logement. — B. Colin

Comme durant l’hiver 2007, des tentes vertes ont à nouveau fleuri sur les trottoirs de la Ville rose pour demander un toit pour ceux qui n’en ont pas. Soutenus par la délégation toulousaine du Droit au logement (DAL), 36 sans-abri ont décidé d’installer jeudi matin un campement sur les allées François Mitterrand, entre les allées Jean-Jaurès et la place Wilson.

 

Pour un « état d’urgence social »

« Depuis trois-quatre mois, nous sommes en relation avec le 115 tous les jours et à chaque fois, on nous répond qu’il n’y a pas de places. Avant les attentats du 13 novembre, on passait une partie de la nuit à la gare, mais maintenant c’est interdit », déplore Hussein. Comme d’autres, son dossier de demandes de logement est en cours d’instruction. En attendant, il tente de trouver des solutions chez des amis.

« Nous voulons que cette question soit visible, s’il doit y avoir un état d’urgence, c’est un état d’urgence social. Ce que nous demandons, c’est que ces gens soient mis à l’abri quel que soit le type de logement », plaide François Piquemal, le porte-parole du DAL 31 qui se dit prêt à maintenir le campement tant qu’ils n’auront pas une réponse de l’Etat.

Référé d’expulsion de la mairie, soutenue par la préfecture

S’ils n’ont pas fait intervenir la police pour procéder à l’expulsion des personnes présentes, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR), en accord avec le préfet Pascal Mailhos, a engagé une procédure en référé « afin qu’il soit mis un terme à cette occupation du domaine public ».

« Le choix de cette procédure juridictionnelle a été préféré à une intervention immédiate des forces de l’ordre afin de garantir le respect du contradictoire et de bénéficier d’une décision de justice permettant, si le juge en décide, de procéder à l’évacuation des lieux », font valoir les autorités indiquant qu’elles ne peuvent « tolérer ce type d’actions dans la mesure où la Ville et l’État sont en lien régulier avec les associations et que 20 places d’hébergement d’urgence supplémentaire viennent d’être ouvertes en plus des 860 places existantes ».

Mais pour le DAL, « le trouble manifeste à l’ordre public, c’est eux qui le créent quand ils ne relogent pas des milliers de sans-abri alors que tant de logements sont vides ».