Toulouse: Une famille syrienne dépose un recours contre son expulsion en Hongrie

REFUGIES La famille al-Khatib, dont le père est malade et deux filles déjà installées en France, doit être renvoyée en Hongrie, selon la préfecture du Tarn…

N.S. avec AFP

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La justice doit trancher le cas d'une famille syrienne menacée de renvoi vers la Hongrie.
La justice doit trancher le cas d'une famille syrienne menacée de renvoi vers la Hongrie. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Les époux al-Khatib et deux de leurs enfants sont arrivés en septembre 2015 à Albi. Mais la préfecture du Tarn a prononcé leur renvoi vers la Hongrie, où ils ont été enregistrés par les autorités dans un camp, au cours de leur périple. Aussi, la famille, dont le père est gravement malade, dépose ce jeudi un recours au tribunal administratif de Toulouse contre son expulsion.

Elle « devrait rapidement être convoquée, vendredi ou lundi, pour une audience au tribunal administratif », indique leur avocat, Julien Brel. Cette famille a déjà deux filles installées en France, à Orléans et à Albi, où elles étaient venues suivre des études supérieures en médecine et en droit avant l’exil forcé de leurs parents, de leur frère et de leur soeur.

Le père souffre d’un « diabète grave »

Le chef de famille, Saiseddine al-Khatib, 56 ans, souffre d’un « diabète grave », indique Stephan Pelissier, un Français qui a épousé l’une des filles de la famille voici plus de quatre ans, et avec laquelle il est installé à Albi avec leur petite fille. « Il ne voit plus bien et doit se piquer à l’insuline. » Le père est soigné aux frais de la famille et le jeune fils francophone est scolarisé depuis quatre mois, ajoute le gendre.

L’application du règlement de Dublin

En raison de ces attaches, « il y a d’autant plus de raisons de ne pas renvoyer de personnes en Hongrie où ils doivent présenter une demande de droit d’asile », a plaidé l’avocat de la famille. D’autant que la Hongrie parque les réfugiés dans des camps où les conditions déplorables sont régulièrement dénoncées par les ONG.

La préfecture du Tarn a décidé de leur renvoi dans ce pays en vertu du règlement de Dublin défini par l’Union Européenne, qui veut que la demande d’asile soit déposée dans le premier pays qui a accueilli les réfugiés.