Toulouse: Un recours record au prêt sur gage

SOCIETE Le crédit municipal, spécialisé dans le prêt sur gage, vient d’enregistrer une année record. Jamais les Toulousains n’ont eu autant besoin de mettre au clou…

Hélène Menal

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Un dépôt de bijoux au guichet du Crédit municipal. Archives
Un dépôt de bijoux au guichet du Crédit municipal. Archives — Fred Scheiber/20 Minutes

En ce jeudi pluvieux, Ama* vient payer ses intérêts au guichet du Crédit municipal : 64 euros pour prolonger le prêt sur gage de 1.000 euros qu’elle a contracté il y a six mois en déposant un collier et un bracelet en or au guichet de la rue des Lois.

« Pour 1.000 euros, on n’ose pas demander à la famille ou à des amis. Et passer par une banque, c’est beaucoup trop compliqué », explique cette quinquagénaire d’origine sri-lankaise qui en cinq ans de fins de mois difficiles est devenue une habituée de chez « ma tante ».

Neuf fois sur dix les objets sont récupérés

Et beaucoup de Toulousains se sont eux aussi convertis. L’établissement vient d’annoncer une année 2015 « record », avec un encours de 30.000 gages et 127.000 objets déposés en tout pour un « total prêté de 15 millions d’euros ». Ce qui en dit long sur les difficultés de certains Toulousains, car on ne met pas ses biens « au clou » pour le plaisir.

« Pour 1.000 euros, on n’ose pas demander à la famille ou à des amis. Et passer par une banque, c’est beaucoup trop compliqué »

Mais Franck Paindessous, le directeur du Crédit municipal de Toulouse, avance aussi d’autres raisons. Il explique ce succès « par la simplicité des démarches, l’immédiateté du versement » ou encore par « la garantie totale de discrétion ».

 

Contrairement à une banque, le Crédit municipal ne regarde pas le dossier des « déposants », il ne se fie qu’à la valeur de l’objet qu’on lui confie. Ama compte bien récupérer ses bijoux un jour et le taux de restitution global de 92 % montre bien que les usagers y voient une solution de dépannage, comme une alternative au prêt bancaire.

Bijoux « ligth » et sacs de marque

« Ici, en un quart d’heure, la démarche est terminée », précise Frédéric Rigaud, l’expert de la maison. La très grande majorité des objets qu’il estime sort d’un coffre à bijoux. Mais il y a aussi des bibelots, de l’argenterie ou des instruments de musique. Les objets griffés, comme les sacs Vuitton ou les foulards Hermès, font partie des grandes tendances du moment.

Et les bijoux « ligths » aussi, ces bagues ou bracelets en or 9 ou 14 carats, contre 18 habituellement. De purs produits de la crise dont la vraie valeur déçoit souvent les propriétaires.

* Le prénom a été changé