Espace: Mais qui veut enterrer (trop tôt) le héros Philae ?

ESPACE Alors que l’Agence spatiale allemande donne Philae pour moribond sur la comète « Tchouri », en France, le CNES garde espoir de reprendre contact…

Hélène Ménal

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Vue d'artiste du robot Philae posé sur la comète Tchouri.
Vue d'artiste du robot Philae posé sur la comète Tchouri. — ESA/SIPA

Le héros Philae, muet depuis sept mois sur sa comète « Tchouri », est-il tombé au champ d’honneur ? Malheureusement oui, à en croire l’Agence spatiale allemande. « Le temps est venu de lui dire au revoir », vient-elle d’indiquer estimant, lugubre, que les chances de rétablir le contact « sont proches de zéro ».

Un pessimisme que ne partagent pas tout à fait le Cnes et notamment les équipes du Centre d’opération scientifique et de navigation (SONC) basé à Toulouse. « Rosetta est toujours à l’écoute de Philae » et « il existe des chances de pouvoir établir à nouveau le contact dans les mois qui viennent », précisent les Français, qui trouvent semble-t-il que les Allemands vont trop vite en besogne.

Ils n’ont jamais été aussi près

Si le Cnes reconnaît que « l’espoir est minime », il ne peut se résoudre à l’enterrer. « La distance entre l’orbiteur Rosetta et l’atterrisseur Philae est aujourd’hui de 50 km. Plus cette distance s’amenuise, plus les chances de rétablir le contact augmentent », insiste-il. Ce, même si la comète s’éloigne du soleil, privant progressivement d’énergie les panneaux solaires du robot-laboratoire.

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Pour Philippe Gaudon, le responsable du SONC dont les équipes sont désormais réduites, « la mission reste inchangée ». Il « continue à écouter Rosetta, dont les antennes sont toujours dirigées vers Philae, dans l’attente de son moindre souffle ». L’avenir dira qui des Allemands ou des Français ont vu juste sur le dernier souffle du robot.