Stade Toulousain: Les cinq raisons du fiasco en Coupe d'Europe

RUGBY Toulouse finit samedi face aux Saracens son parcours en Champions Cup. Autopsie d’un raté…

Nicolas Stival

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La lourde défaite chez les Saracens, le 14 novembre 2015, avait donné le ton d'une campagne européenne ratée pour le Stade Toulousain de Toby Flood.
La lourde défaite chez les Saracens, le 14 novembre 2015, avait donné le ton d'une campagne européenne ratée pour le Stade Toulousain de Toby Flood. — J. Leicester / BPI / REX Shutterstock / Sipa

Coleader du Top 14, le Stade Toulousain n’a pas existé cette saison dans une Champions Cup qu’il quittera samedi, à l’issue d’un dernier match face aux Saracens à Ernest-Wallon. Avant d’accueillir l’impressionnante équipe anglaise, déjà qualifiée, le quadruple champion d’Europe (un record) a déjà concédé quatre défaites en cinq matchs. « Cela restera plus un mauvais souvenir qu’autre chose », reconnaît l’entraîneur principal Ugo Mola.

1. Des débuts rédhibitoires

Une phase de poule de Champions Cup, c’est un sprint de six matchs. Un départ manqué est donc (presque) rédhibitoire, comme celui de Toulouse sur la pelouse des Saracens (32-7), au lendemain des attentats de Paris. « Le match n’aurait pas forcément dû être joué », observe Mola. « On perd la première rencontre, on se fait accrocher sur la seconde (victoire sans bonus sur Oyonnax, 24-18), ensuite tout le monde a lâché, analyse le technicien. Je suis certainement le premier fautif. »

2. Des internationaux en manque de repères

Pour rappel, la Coupe du monde a été un fiasco pour le XV de France, laminé en quart de finale par les All Blacks, le 17 octobre (62-13). Embrayer sur la Champions Cup moins d’un mois plus tard a été compliqué pour les Dusautoir, Picamoles, Maestri et Fickou, selon Mola. « Les internationaux n’avaient peut-être pas assimilé de manière profonde notre fonctionnement », juge l’entraîneur principal, arrivé cet été à la place de Guy Novès.

3. Une équipe massive mais pas assez rapide

Le 14 janvier, alors que Toulouse était déjà éliminé avant d’aller perdre à Oyonnax (32-14), Fabien Pelous faisait son mea culpa. « On n’a pas pris la juste mesure de cette Coupe d’Europe, glissait le directeur sportif. Le jeu est très différent du Top 14. On a une équipe plutôt massive qui convient très bien au championnat, moins bien au jeu davantage basé sur la vitesse des Saracens et de l’Ulster. On en tiendra compte dans l’avenir. »

4. Des failles mentales

Interrogé sur la sortie de Pelous, Mola acquiesce. Tout en insistant sur un autre point pour expliquer l’échec européen. « Il y a la vitesse, l’intensité mais aussi l’aspect mental laissé de côté, selon l’entraîneur principal. On l’a vu chez les Saracens, sur la pelouse de l’Ulster (38-0) ou encore à Oyonnax. » Chaque fois, des entames médiocres ont plombé des joueurs trop vite résignés. « C’est une leçon, reprend Mola. On dit qu’un bon joueur ne reproduit pas deux fois les mêmes erreurs, je le prends aussi pour l’entraîneur, l’équipe et tout le club. »

5. Des adversaires de qualité

Chercher les lacunes toulousaines ne doit pas masquer l’essentiel, comme le remarque le pilier géorgien Vasil Kakovin : « On s’était bien préparés, mais on est simplement tombés sur plus fort que nous. » Avec une seule défaite cette saison, toutes compétitions confondues, les Saracens confirment leur statut. « C’est la meilleure équipe d’Europe », assurent de nombreux Toulousains.

L’Ulster, tombeur du Stade à l’aller comme au retour à Ernest-Wallon (23-25), a surpris. « On avait vu cette province sur trois ou quatre matchs de Ligue celte mais les Irlandais, quand ils jouent la Champions Cup, hissent leur niveau de 10 à 20 % », juge l’ouvreur ou centre Toby Flood. C’était trop, visiblement, pour ce Stade Toulousain.