Toulouse: Le TFC exporte en Chine son savoir-faire de club formateur

FOOTBALL Le club toulousain a signé un accord de partenariat avec les Chinois du SPHQ FC, à Shenzen. Le premier du genre en France, assure le TFC…

Nicolas Stival

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Le gardien de but Alban Lafont, l'un des derniers fleurons de la formation du TFC.
Le gardien de but Alban Lafont, l'un des derniers fleurons de la formation du TFC. — P. Pavani / AFP

Lafont, Diop, Blin, Bodiger… Après quelques années difficiles, le centre de formation du TFC tourne de nouveau à plein régime et alimente l’équipe professionnelle, ainsi que les équipes de France de jeunes. Un savoir-faire désormais reconnu jusqu’en Chine.

Le club toulousain a en effet noué un partenariat de cinq ans avec le SPHQ FC, basé à Shenzen, mégapole de plus de 15 millions d’habitants au sud du pays, en face de Hong Kong. Rien à voir avec le Shenzen FC, qui évolue en D2 chinoise.

Un partenariat qui concerne aussi le marketing et la communication

« Le foot en Chine n’est pas du tout organisé comme chez nous, explique Martin Rauturier, chargé de mission de la Fondation TFC. Le SPHQ, un acronyme intraduisible en français, a été créé voici deux ans. Il compte plus d’un millier de jeunes licenciés, dont les plus âgés ont 15 ans. Il n’y a pas d’équipes seniors. »

Martin Rauturier faisait partie de la délégation toulousaine partie à Shenzen pour parapher l’accord en novembre 2015. « Le SPHQ FC a fait appel à nous pour structurer sa formation, mais aussi le marketing, la communication, reprend-il. Il cherche à se bâtir une petite renommée locale, et nationale dans le futur. »

Le directeur du centre de formation du TFC Rémi Loret (au centre) signe un contrat de partenariat avec le SPHQ FC de Shenzen, en présence du consul général de France à Canton, Bertrand Furno. - TFC

 

Mais comment les contacts se sont-ils noués entre les deux nouveaux partenaires, distants de 10.000 km ? Grâce, indirectement, à l’association ELA, parrainée par Zinédine Zidane, qui lutte contre les leucodystrophies. En juillet 2015, ELA a organisé un challenge à Shenzen, sur les installations du SPHQ FC. Au menu, plusieurs ateliers, de la nutrition jusqu’au foot. Ce dernier était animé le temps d’un week-end par deux formateurs du TFC.

« Les dirigeants ont apprécié le travail d’Henri Regourd [responsable de la pré-académie, des U6 aux U9] et de Patrick Maricel [chargé de mission de la fondation TFC], explique Martin Rauturier. Ils ont pris contact avec le club. » En septembre, les Toulousains recevaient la visite des Chinois avant, donc, d’officialiser leur accord en novembre.

Des Toulousains en Chine, des Chinois à Toulouse

Les premiers résultats concrets du partenariat ne tarderont pas : du 1er au 14 mars, deux entraîneurs toulousains partiront en Chine pour travailler avec les apprentis footballeurs et leurs éducateurs. Puis, du 8 au 19 juillet, plusieurs jeunes de Shenzen effectueront un stage du côté du Stadium.

Dans l’ombre des grands clubs européens qui rêvent de croquer dans l’énorme gâteau chinois, le TFC joue de ses forces. « On ne parle pas beaucoup de nous, alors c’est une belle opportunité de montrer que nous avons un vrai savoir-faire en termes de formation », poursuit Rauturier. A défaut de rêver, pour l’instant, de vendre des maillots floqués Ben Yedder ou Trejo à Pékin ou à Shanghai.