Toulouse: Un Observatoire de l'état d'urgence pour recenser ses dérives

JUSTICE Aux côtés d’autres organisations, la Ligue des Droits de l’Homme veut recenser des témoignages et identifier les abus nés de l’état d’urgence…

Beatrice Colin

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Illustration d'une intervention du Raid et de la BRI après les attentats du 13 novembre 2015.
Illustration d'une intervention du Raid et de la BRI après les attentats du 13 novembre 2015. — G. Varela / 20 Minutes

Ils font de la résistance. Inquiets face à une possible dérive sécuritaire, des citoyens ont décidé de créer à Toulouse un Observatoire de l’état d’urgence. A l’image du Conseil d’urgence citoyenne qui a vu le jour le 6 janvier à Paris, ce recueil de témoignages a pour objectif d’identifier « les abus et atteintes aux droits des citoyens » nés de ce régime d’exception.

Pas d’angélisme mais le respect des droits fondamentaux

« On commence à avoir des entretiens où l’on nous raconte comment on fracasse les portes, on retourne les appartements et on repart sans justifier l’intervention », explique Jean-François Mignard de la Ligue des Droits de l’Homme, à l’origine de cette initiative aux côtés du Syndicat des avocats de France et du Syndicat de la Magistrature.

 

Si le prolongement de l’état d’urgence jusqu’au 26 février a été plébiscité par une grande partie de la population française, ces organismes veulent faire entendre leurs voix.

« Nous ne sommes pas en train de dire qu’il ne faut pas faire de contrôle ni en train de faire de l’angélisme. Nous avons toujours lutté contre le terrorisme, mais pour nous la vraie arme pour le combattre c'est la démocratie et cela ne doit pas passer par l’affaiblissement des droits fondamentaux », plaide Jean-François Mignard.

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A l’instar de ce qui a déjà été fait sur les violences policières ou les comparutions immédiates, un rapport sera rendu par cet Observatoire, dont une déclinaison va voir le jour à Albi, Perpignan, Montauban ou encore Nantes.

De son côté, la préfecture de la Haute-Garonne, a simplement indiqué qu’elle prenait « acte de l’annonce de la création de ce laboratoire », sans vouloir commenter cette remise en cause des perquisitions administratives.