A Toulouse, on planche pour être moins vulnérable en cas d'attaques sur plusieurs sites

SECURITE En cas d'attaques terroristes similaires à celles de Paris, la Ville rose pourrait être confrontée à des diificultés de gestion des secours. La préfecture affirme que les services sont prêts...

Beatrice Colin

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Illustration.Intervention du RAID, Montreuil le 10 avril 2013.
Illustration.Intervention du RAID, Montreuil le 10 avril 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

En cas d’attaques sur plusieurs sites en même temps, comme cela a été le cas à Paris le 13 novembre, les services policiers et de santé pourraient-ils faire face ? Si on en croit une note interne de la préfecture de la Haute-Garonne que s’est procurée France Inter, il y aurait une marge de progrès.

Capacités hospitalières insuffisantes

Mardi, lors d’une réunion relative à « la malveillance terroriste et à la doctrine "secours sécurité" en cas d’attentats multisites », plusieurs difficultés ont été identifiées en présence des services de police de gendarmerie, mais aussi du Sdis et du Samu.

Pourtant la Ville rose a vécu les drames d’AZF, et su gérer plusiuers centaines de blessés, et plus récemment les attaques de Mohamed Merah. Mais pour des attentats hors normes, sur plusieurs sites en même temps comme à Paris, « les capacités hospitalières sont insuffisantes (chirurgie, service pédiatrique…) pour prendre en charge de nombreux blessés par balle ; les établissements de santé pourraient être la cible d’attaque terroriste ; les services spécialisés d’intervention n’interviendraient pas immédiatement à Toulouse (délai d’acheminement) », pointe cette note interne.

La préfecture « travaille à l’amélioration »

« La Haute-Garonne est en mesure de gérer un acte malveillant, nous avons plusieurs plans prévus pour cela. Mais la menace n’a jamais été aussi forte, notre obligation est de nous améliorer et d’anticiper. Cette note est un retour sur les attentats parisiens avec un scénario à 130 morts et 200 blessés par arme de guerre. A Paris, cela a été compliqué, travailler à l’amélioration c’est plutôt responsable », justifie Frédéric Rose, le directeur de cabinet du préfet.

Il rappelle que la Haute-Garonne peut compter sur 2.000 sapeurs-pompiers, 1.200 gendarmes, 1.4000 policiers et 8.000 médecins et infirmières.

Les syndicats policiers veulent plus de moyens au quotidien

« Nous avons toujours fait face, les policiers ont toujours été à la hauteur. Lors de l’affaire Merah, ils sont revenus spontanément. Si on doit demander plus de moyens, nous sommes d’accord, mais c’est au quotidien que nous en avons besoin », relève Didier Martinez, du syndicat policier Unité-SGP FO.

Intervention des unités spéciales sur place

Pour ce policier, cette note pourrait être aussi un appel du préfet. Car si jusqu’à présent la Haute-Garonne dépendait de la zone de défense de Bordeaux, et donc des équipes du RAID et du GIPN basées en gironde, à partir du 1er janvier la région Midi-Pyrénées sera rattachée à la zone de défense de Marseille. Une conséquence de la fusion des régions.

« S’il doit y avoir une intervention, on prendra l’unité qui peut intervenir le plus rapidement. Et nous avons sur place deux unités d’interventions de police (BRI) et gendarmerie (PIGG) », assure le directeur de cabinet du préfet.