Un guide des bonnes pratiques distribué aux médecins pour gérer la laïcité au quotidien

SOCIETE Le conseil de l’ordre des médecins de la Haute-Garonne publie des fiches pratiques sur la relation entre les soins et la religion…

Beatrice Colin

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Le 09 septembre 2011. Illustration d'une consultation chez un medecin generaliste en Essonne .  /// V. WARTNER / 20 MINUTES
Le 09 septembre 2011. Illustration d'une consultation chez un medecin generaliste en Essonne . /// V. WARTNER / 20 MINUTES — V. WARTNER / 20 MINUTES

Comment réagir quand un patient refuse une transfusion sanguine pour des raisons religieuses alors que sa vie est en danger ? A l’hôpital ou lors de consultations dans leurs cabinets médicaux, les soignants sont régulièrement confrontés à des situations où la religion entre en ligne de compte.

31 fiches élaborées avec des représentants des cultes

Pour apporter des réponses et des solutions, le conseil départemental de l’ordre des médecins de la Haute-Garonne planche depuis trois ans sur un guide des bonnes pratiques sur le thème « soins et laïcité au quotidien ».

Il a choisi le 9 décembre, journée de la Laïcité, pour publier 31 fiches qui éclairent les praticiens. Elles vont être diffusées auprès des 13.000 médecins de Midi-Pyrénées. Une première en France qui devrait être suivie l’an prochain d’un guide national lancé par le ministère de la Santé.

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« Pour le réaliser nous avons mis en place un groupe de travail avec des médecins de tous horizons, l’Agence régionale de Santé (ARS) mais aussi des représentants des cultes catholiques, musulmans, juifs et protestants. Au cours de 14 réunions, nous avons essayé de lister les thèmes qui pourraient poser problème en prenant des cas concrets », explique Jean Thévenot, président du conseil de l’ordre.

« Intégrer le fait religieux dans les soins »

La présence d’aumôneries dans les établissements de soins, la circoncision, l’IVG, le don d’organes, le jeûne, le port de vêtements religieux comme le voile lors des soins ou encore les toilettes mortuaires sont abordés. « Nous avons parlé et échangé et j’ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas, comme le fait qu’il existait des médicaments casher et halal », poursuit le médecin.

Gynécologue-obstétricien de métier, Jean Thévenot a été lui-même confronté à des refus de soins parce qu’il était un homme. « Ça m’a permis de modifier ma façon d’aborder ces situations. Quand on a affaire à des gens de bonne foi mais qui connaissent parfois mal leur religion, il faut leur expliquer. La religion musulmane dit par exemple qu’une femme doit privilégier un soignant du même sexe mais elle dit aussi que la santé est primordiale et que sauver la vie passe avant », explique Jean Thévenot.

Et d’ajouter « la laïcité n’est pas le rejet des religions mais l’intégration du fait religieux dans les soins que l’on prodigue ».