AZF: Le père d'une victime écrit à la Cour de cassation pour que le procès ait lieu à Toulouse

JUSTICE Le président de l’association de familles endeuillées demande à la Cour de cassation de revenir sur sa décision de voir le nouveau procès de la catastrophe se tenir à Paris…

Béatrice Colin
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Jour de l'ouverture du procès en appel de la catastrophe d'AZF. Gérard Ratier président de l'association des familles endeuillées. 
3/11/11 Toulouse
Jour de l'ouverture du procès en appel de la catastrophe d'AZF. Gérard Ratier président de l'association des familles endeuillées. 3/11/11 Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

En dernier recours, il a décidé d’écrire directement au Président de la Cour de cassation et à son avocat général. Le 21 septembre 2001, Gérard Ratier a perdu son fils, Alain, qui dépannait un ascenseur sur le site d’AZF.

Depuis quatorze ans, celui qui est aussi président de l’association de familles endeuillées mène un combat pour que la responsabilité de Grande Paroisse et de Total soit reconnue dans l’explosion de l’usine toulousaine d’engrais chimique.

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Après l’annonce en janvier de la cassation de la condamnation du directeur de l’usine et de la filiale du groupe pétrochimique, prononcé en septembre 2012 par la Cour d’appel de Toulouse, Gérard Ratier n’a pas caché sa déception. Ni son désarroi lorsque la Cour de cassation a indiqué que le nouveau procès se tiendrait à Paris.

Inégalité de traitement entre les deux parties

Une rencontre à la Chancellerie le 20 novembre dernier n’a rien donné, les services de la Garde des Sceaux estimant que cette décision était du ressort… de la Cour de cassation.

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Dans sa lettre ouverte, Gérard Ratier fait valoir que la tenue du nouveau procès place « notre association de victimes dans des circonstances des plus inconfortables, physiquement d’abord (âges avancés, handicaps…) et pécuniairement ensuite ».

Mais l’un des points clés pour lui est le déséquilibre qui va résulter de cette « délocalisation ». « Bien plus préoccupante sera cette situation en matière d’égalité des droits entre les parties, le groupe Total quant à lui étant dans une situation largement privilégiée à Paris pouvant enfin bénéficier de l’absence des victimes dont il a si souvent déploré la présence », écrit Gérard Ratier.

S’il n’existe aucun texte de loi indiquant que la Cour de Cassation peut revenir sur sa décision, leur avocate Stella Bisseuil espère que l’avocat général pourra peut-être lui formuler une demande en ce sens.