Etat d'urgence: Qui est Olivier Corel, «l'émir blanc» des djihadistes toulousains ?

PORTRAIT Olivier Corel a été placé en garde à vue ce mardi. Ce mystérieux sexagénaire, gourou de djihadistes, est toujours inquiété mais n'a jamais été condamné...  

B. Colin et H. Menal

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Olivier Corel, en mars 2012 à Artigat.
Olivier Corel, en mars 2012 à Artigat. — STR - AFP

Ils sont tous passés à Artigat à un moment de leur radicalisation. Mohamed Merah, son frère aîné, Abdelkader, toujours en détention provisoire pour complicité dans les tueries de Toulouse et Montauban. Ou encore Fabien Clain qui, d’une voix posée, a revendiqué les attaques terroristes survenues à Paris le 13 novembre. Mais aussi Sabri Essid, le demi-frère par alliance du «tueur au scooter», identifié récemment dans une vidéo d’exécution de Daesh.

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Et s’ils ont tous convergé vers ce petit village Ariégeois de 600 âmes, c’est parce qu’Olivier Corel y résidait, qu’il y dispensait son enseignement et ses préceptes.

D’origine syrienne

Cet homme discret, surnommé « l’émir blanc » d’Artigat, est aujourd’hui âgé de 69 ans. Il traîne une allure de berger philosophe avec sa barbe blanche et se retranche dans le silence. Né en Syrie, il s’appelle en fait Abdel Ilat al-Dandachi et a un temps dirigé l’association des étudiants islamistes de France avant de fonder sa communauté islamiste à Artigat en 1987.

Mais il apparaît vraiment sur les écrans radars des services de renseignement en 2003, alors que le groupe est soupçonné d’acheminer des djihadistes en Irak pour combattre l’armée américaine.

La filière d’Artigat tombe en décembre 2006. Quand, Sabri Essid et un converti albigeois, Thomas Barnouin, sont interpellés par la police syrienne alors qu’ils tentaient de passer des combattants en Irak. Quelques semaines après leur arrestation, un coup de filet est mené dans les milieux de l’islam radical toulousain.

Une anguille pour le système judiciaire

Olivier Corel est alors interpellé, au même titre que Fabien Clain. Contrairement aux autres, l’émir blanc bénéficiera d’un non-lieu alors que Clain, Essid et Barnouin écoperont en 2009 de cinq ans de prison.

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Le « gourou » d’Artigat refera son apparition sur la scène médiatique en 2012 après le parcours meurtrier de Mohamed Merah. Dans ce dossier, Olivier Corel est placé en garde à vue en toute fin d’instruction, en novembre 2014. Pour en ressortir libre, une fois de plus.

Mardi, onze jours après les terribles attaques terroristes à Paris, il a été placé en garde à vue à l'issue d'une perquisition administrative qui a entraîné un impressionnant déploiement de forces de l’ordre autour d’Artigat. Un fusil de chasse non déclaré a été découvert chez lui.