Aveyron: Le maire de Saint-Affrique veut le départ d'un islamiste assigné à résidence

TERRORISME Depuis le mois d'octobre, l'Algérien Merouane Benahmed est assigné à résidence à Saint-Affrique. Le maire Alain Fauconnier veut qu'il quitte la commune aveyronnaise...

Nicolas Stival

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L'émission de France 2  «Envoyé Spécial» a consacré un reportage aux étrangers assignés à résidence, dont Merouane Benahmed, le 5 novembre 2015.
L'émission de France 2 «Envoyé Spécial» a consacré un reportage aux étrangers assignés à résidence, dont Merouane Benahmed, le 5 novembre 2015. — Capture d'écran

Vendredi, Alain Fauconnier (PS) doit se rendre à Paris, au ministère de l’Intérieur. Le maire de Saint-Affrique réclame le départ de Merouane Benahmed, un islamiste de 42 ans, assigné à résidence depuis le 10 octobre dans cette petite ville aveyronnaise de 9.000 habitants.

« Sa présence cause un trouble à la tranquillité de la commune, assène l’élu, joint au téléphone. Un reportage dans Envoyé Spécial a réactivé les peurs. Et les événements récents (les attentats à Paris) en ont remis une couche. »

Condamné à mort en Algérie, il ne peut pas être expulsé de France

Le 5 novembre, l’émission de France 2 était consacrée aux « Assignés à résidence : indésirables mais inexpulsables ». Au menu : le parcours de huit étrangers condamnés pour des faits de terrorisme, dont Merouane Benahmed. Cet Algérien de 42 ans, ancien artificier du Groupe islamique armé (GIA), est arrivé en France en 2000.

Condamné à dix ans de réclusion en 2006 pour sa participation à des projets d’attentats à Paris dans le cadre des « filières tchétchènes », Benahmed est assigné à résidence depuis sa sortie de prison, en 2011. Objet d’une interdiction définitive de territoire français, il ne peut pourtant pas être expulsé en Algérie, du fait d’une décision de la Cour européenne des droits de l’homme. Il est en effet sous le coup d’une condamnation à mort par contumace dans son pays d’origine.

Une perquisition administrative dans sa chambre d’hôtel deux jours après les attentats

« Il est dans un hôtel en centre-ville et les gens, notamment les enfants, ont peur », indique Alain Fauconnier, qui aurait voulu évoquer ce cas devant le ministère de l’Intérieur plus tôt, mais n’a pu le faire à cause de la situation sécuritaire.

Saint-Affrique est déjà la septième commune française dans laquelle Benahmed est déplacé depuis 2011. Dans la nuit de dimanche à lundi, sa chambre d’hôtel a fait l’objet d’une perquisition administrative, infructueuse selon Midi Libre, dans le cadre de l’état d’urgence, deux jours après les attentats de Paris.

Un tacle pour Nicolas Sarkozy

« Ils sont huit en France, que l’on dirige de ville en ville », reprend le maire de Saint-Affrique. L’édile socialiste ne manque pas d’égratigner une proposition faite par Nicolas Sarkozy après les attentats : « J’ai vu qu’il voulait assigner à résidence 4.000 personnes. Il y a 4.000 maires qui vont commencer à s’inquiéter… »