Fabien Clain (à droite), son frère Jean-Michel et Sabri Essid à l'époque de la filière d'Artigat.
Fabien Clain (à droite), son frère Jean-Michel et Sabri Essid à l'époque de la filière d'Artigat. — Capture d'écran Pièces à conviction - France 3

TERRORISME

Attentats à Paris: Qui est Fabien Clain, le djihadiste suspecté d'avoir revendiqué les attaques?

Il est connu des services de renseignement depuis près de quinze ans…  

Il est celui dont on entend la voix sur la vidéo de Daesh revendiquant les attaques terroristes du 13 novembre. Fabien Clain, un djihadiste toulousain de 37 ans qui se fait appeler « Omar », a été reconnu par les services de renseignement sur l’enregistrement.

 

D’origine réunionnaise, ce salafiste est connu depuis près de quinze ans par les services de renseignement. Cet homme, aujourd’hui en Syrie, est notamment suspecté d’être l’un des commanditaires du projet d’attentat raté contre une église de Villejuif, en avril 2015.

Le « clan des Belphégor »

Fabien Clain et son frère Jean-Michel attirent pour la première fois l’attention des renseignements généraux en 2001 alors qu’ils fréquentent un groupe de salafistes radicaux dans le quartier du Mirail, à Toulouse. Avec leurs épouses respectives, deux converties qui portent la burqa, ils sont rapidement surnommés le « clan des Belphégor » dans le quartier.

Selon Libération, les deux frères rêvent de monter leur « PME islamiste ». Ils tentent d’abord de prendre le pouvoir à la mosquée de Bellefontaine mais essuient un échec. Pour distiller leur islam sans concession et leurs prêches agressifs, ils se rabattent sur de petits appartements puis sur un foyer des Izards, le quartier d’où est originaire la famille Merah.

Filière « Artigat »

Comme elle, le nom de Fabien Clain est aussi indissociable de la filière « Artigat », en référence au petit village ariégeois où est installée la communauté dirigée par Olivier Corel, un islamiste d’origine syrienne. C’est au cours de ses séjours chez celui que l’on appelle le « cheikh blanc » qu’il va côtoyer Abdelkader Merah, le frère du tueur de Toulouse et Montauban.

Mais aussi Sabri Essid. Ce Toulousain - qui figure sur une vidéo diffusée en mars 2015 où un enfant exécute un otage - avait déjà été interpellé en décembre 2006 en Syrie alors qu’il s’apprêtait à passer la frontière pour se rendre en Irak lorsqu’il a été arrêté les armes à la main.

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S’en suivra une vague de onze interpellations en février 2007, notamment dans les quartiers populaires de la Ville rose. Parmi les personnes arrêtées figure Fabien Clain. C’est un intime de Sabri Essid puisque sa mère a épousé le père de Sabri, Mohamed Essid. Ce dernier s’est d’ailleurs uni quelques années plus tard à la mère d’un autre djihadiste… Mohamed Merah.

Dans cette affaire, Fabien Clain est alors accusé d’avoir participé au soutien matériel et financier d’une filière d’acheminement. Il sera condamné en juin 2009, lors du procès de la filière d’Artigat, à cinq ans de prison.

Echange avec Merah

Juste avant son procès, il aurait eu des échanges épistolaires avec Mohamed Merah, lui aussi en prison mais pour des faits de délinquance. Cette lettre aurait été interceptée par les services pénitentiaires, selon le journaliste Alex Jordanov, qui l’écrit dans son livre Merah. L’itinéraire secret.

Fabien Clain est libéré trois ans après sa condamnation et part s’installer en Normandie. C’est de là, après les attentats perpétrés par Mohamed Merah, qu’il fait reparler de lui lorsqu’il s’insurge contre un documentaire diffusé dans l’émission Pièces à conviction sur France 3 et qui le relie au tueur au scooter. Avant son départ en Syrie.